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    Les ondes du premier atelier sur les fratries  continuent à voguer en vagues successives dans mon esprit. Un participant m’écrit qu’il serait peut-être utile d’organiser des post-ateliers pour approfondir des histoires amorcées et laissées en l’état. Cela me paraît une excellente idée, mais actuellement, je n’en suis qu’à balbutier une approche qui doit encore être affinée au fil d’expériences jamais identiques.


    J’ai souvent envie d’aider une personne à épaissir une histoire de vie alternative émergente après une conversation en binôme ou au détour d’un échange en groupe. L’atelier n’est pas le lieu d’un entretien individuel. Dès lors, nous nous contentons de souligner l’intérêt de sonder plus profond le récit original naissant à propos d’une relation fraternelle conflictuelle, d’une attitude figée ou d’une valeur négligée.


    La principale vertu reconnue aux trois premiers ateliers est de «faire du bien».


    Du bien, en l’occurrence, c’est libérer une parole souvent réprimée ou reportée. Le groupe offre un contenant accueillant, curieux (dans un sens altruiste) et respectueux. La confiance ouvre les esprits et les cœurs. Le travail en sous-groupe installe une intimité propice à la confidence. Chacun communique au groupe quelle part du récit de l’autre a résonné en lui, ce qui l’a touché, ce qui l’a étonné… Ces narrations subjectives éveillent la réflexion, invitent à reconsidérer sa propre histoire, écoutée avec les mots et les perceptions des écoutants/narrateurs. La personne "narrée" devient témoin de son récit. Elle prend du recul et libère ainsi un espace de créativité narrative.

               frere et soeur : Une querelle entre les enfants      frere et soeur : Deux frères Happy Together        frere et soeur : Garçon et fille peu avec des expressions très en colère    frere et soeur : Portrait d'adolescentes


    Les échanges particuliers et communs révèlent aussi le poids des prescrits éducatifs et sociaux, tous les « je devrais » et «il faudrait"  induits par les modèles dominants.L’ainé doit montrer l’exemple/ Un garçon ne pleure pas/Ce n’est pas bien de se mettre en colère…

    Une participante racontait que petite, quand elle était en colère, elle descendait  dans la cave et tapait des pieds contre les murs. Aujourd’hui, je suis plus calme, dit-elle. Si je suis en colère, je mets un beau morceau de musique et je danse.


    Une piste intéressante à suivre serait de repérer dans l’histoire de vie de cette personne les moments où elle a adressé sa colère à quelqu’un, exceptions à l’histoire dominante : je vis ma colère seule. Ces exceptions reliées entre elles tisseraient une version alternative à son attitude habituelle. Les exceptions sont remises à jour en réanimant le contexte, les circonstances et les personnes présentes lors de ces diversions à la posture dominante.

                                                         Grande famille heureuse - une mère et de nombreux enfants assis sur les escaliers à la maison. Famille concept. Banque d'images - 17641943         Un deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.


    Etrange et incompréhensible
    Des rencontres tempèrent régulièrement mon souci de pousser mes interlocuteurs à débusquer des exceptions potentielles. Récemment, je parle de l’atelier fratries au douzième enfant d’une famille de quatorze frères et sœurs. Je sais qu’il n’a quasiment plus de contacts avec eux, sinon via quelques neveux et nièces. Je lui demande de puiser un souvenir heureux et un moins heureux dans son album familial. Il parle abondamment des bons moments vécus dans une grande maison à la campagne. Il se tait.

    Je lui demande de qui il était le plus proche.
    - De l’ainée. Elle s’occupait de tous. C’était vraiment une mère pour nous.
    - Et vous ne la voyez plus ?
    - Non. Nous avons vécu des vies différentes. On s’est éloignées.
    - Et vous n’avez pas envie de la revoir ?
    - Non. Ni elle non plus. On se revoit aux enterrements. Elle 70 ans maintenant.
    Bizarre. Je me garde d’insister tout comme je ne reviens pas sur le mauvais souvenir éludé. J’apprendrai indirectement que mon narrateur occasionnel met uniquement les bons souvenirs en avant tellement les mauvais sont nombreux et douloureux.
    Priorité aux belles images d’une saga chahutée, une belle philosophie de vie qui semble lui convenir.

    A l’affiche (réelle et virtuelle)

    J’ai déjà parlé de L'année prochaine  L'année prochaine  qui sort le 22 avril en Belgique et le 24 juin en France.                   La cadence et le programme des sorties divergent de plus en plus entre les deux pays. Dix nouveautés en France, six en Belgique. Seul toile commune : Avengers, l’ère d’Ultron, une superproduction Marvel/Studios Disney.


    La semaine prochaine, je peux déjà annoncer  Le Labyrinthe du silence des deux côtés de la frontière. Le cinéma épouse l’actualité. Aujourd’hui commence en Allemagne le procès de l’ancien comptable du camp d'Auschwitz-Birkenau. En 1958, trois procureurs, sous l’égide d’un procureur général juif allemand, vont instruire courageusement le premier procès de l’Allemagne contre les bourreaux nazis. Deux ans d’instruction minutieuse, basée sur les témoignages de rescapés du camp d’extermination, aboutiront en 1960 à un réquisitoire implacable, établi contre vents et marées. J’y reviens la semaine prochaine.


    La tragédie de Lampedusa justifierait la reprise de Terraferma, Terraferma exemplatif de la capacité d’accueil  d’une famille de pêcheurs désargentés. Le peti-fils, le grand-père et la mère  hébergent une immigrée clandestine enceinte échouée sur une île sicilienne.

     

                                                La Pirogue : Photo


    Je pense également à La pirogue, récit d'une  traversée inimaginable d’une embarcation surchargée entre Dakar et les îles Canaries.


    Deux films qui matérialisent le calvaire des naufragés du désespoir dont on n’a qu’une vague idée en écoutant les trémolos médiatiques.

     


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