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                                    J'anticipe le 24. Demain et suivants, vous serez probablement très occupés

                                                                            Joyeux Noël

    Joyeux Noël a été diffusé sur une petite chaîne française le 21 décembre dernier. Je m’attendais  à une programmation le 24 décembre, 100 ans  après le réveillon magique où les ennemis ont fraternisé sur le front de la Grande guerre. Christian Carion a puisé ses sources historiques dans un ouvrage de Yves Buffetaut, Batailles de Flandres et d’Artois, 1914-1918. L’auteur relate une série de situations extraordinaires. Un ténor allemand  a réellement chanté pour les troupes françaises. Des lettres et  des notes personnelles de poilus évoquent aussi des rencontres de football au milieu des obus, des barbelés et des… cadavres. Il y eut aussi des visites de tranchées mutuelles, la décoration de sapins communs…

    « Il est arrivé parfois que la réalité soit trop forte, ou trop absurde et j’ai dû renoncer à rapporter certains faits », explique  

            Christian Carion,    cinéaste

     

    dans un petit livret que j’ai retrouvé dans la pochette de la musique originale. J’écris en écoutant la partition de Philippe Rombi, tour à tour  somptueuse et intime. Et incroyable, j’avais oublié que le coffret contenait aussi le DVD du film. Belle surprise!  Nous le regarderons avant le réveillon afin de nous imbiber du pacifisme qui anima Ecossais, Allemands et Français il y a un siècle.

    « 90% des cas de fraternisation ont eu lieu parce que des gens ont chanté, se sont écoutés, répondus, applaudi. J’adore que la culture, le chant populaire et la musique ait fait taire les canons,» s’enthousiasme Christian Carion

    Les généraux ne l’entendent pas de cette oreille. La hiérarchie planquée à l’arrière relève ces troupes tenues pour lâches alors qu’elles auraient dû être citées à l’ordre du jour, en valeureuses dénonciatrices de  l’absurdité de la guerre. Les sentiers de la gloire Les Sentiers de la gloire montre implacablement la discipline rigide dans les tranchées. Le film interdit 15 ans en France dénonce l’aveuglement de l’état-major prétendant fusiller un régiment entier qui a refusé d’exécuter un ordre imbécile.

    Les distributeurs de films, les télévisions auraient pu  imaginer de programmer une série de titres sur 14-18 tout au long de cette année commémorative. Les films abondent et abordent différentes facettes du conflit mondial.

    La grande illusion. L’amitié symbolique entre le  capitaine Boëldieu et le commandant von Rauffenstein.

    Gallipoli (1981) Poster  Gallipoli et Cheval de guerre  Cheval de guerre  suivent de jeunes engagés. Gallipolli est un film australien.

     

    Les Ames grises Les âmes grises évoque l’horreur de la guerre sans  la moindre image de champ de bataille  

                                           Johnny s'en va t'en guerre   Johnny s'en va-t-en guerre

    La chambre des officiers La chambre des officiers (gueules cassées),

     

    La vie et rien d'autre 
                                        La Vie et rien d'autre              décrivent les séquelles de la guerre.

     

    Un long dimanche de fiançailles allie romance Un long dimanche de fiançailles : Photo Audrey Tautou  et

                                                                               Un long dimanche de fiançailles : Photo      folie guerrière.

     

    Mathilde et Manech ont séduit 2.5 millions de spectateurs français tandis que  Joyeux Noël  en drainait  2 millions.  La plupart de ces longs-métrages sont tirés de romans ou de biographies. Ces supports littéraires et narratifs donnent de la chair aux pages d’histoires que le public aime tourner sur grand écran.

     

    Mais ce 24 décembre 2014,           Love Actually

    c’est Love Actually qui transmettra l’esprit de Noël dans les familles en pause télé. Notre fille, résidente londonienne à l’époque de la sortie du film choral, nous a offert en 2003  la bande originale ô combien tonique.

    Je vous en livre  quelques notes. C’est mon cadeau pour cette soirée spéciale qui nous verra peut-être,  être nous-mêmes, naître à nous-mêmes.

     

     


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  • J’ai acheté Jindabyne, Australie, pour Gabriel Byrne et les Aborigènes. Jindabyne, Australie                                                                                                                                                                    Je ne connaissais pas ce  film présenté à Cannes en 2006

     

    Le cinéma australien est relativement méconnu sous nos latitudes. J’aime beaucoup le Peter Weir des débuts et ce pays mystérieux qui m’attire passivement. J’ai eu mon lot de paysages amples, à la fois arides et verdoyants, hostiles et rieurs. J’ai aussi prisé une bonne dose de psychologie humaine.

    En 1964, Jindabyne, petit patelin des Nouvelles Galles du sud a été repoussé sur les hauteurs pour laisser place à un lac créé par un barrage construit dans la vallée. Dans un documentaire montré à l'école primaire, des vieux natifs racontent leur tristesse de quitter les lieux puis leur bonheur d’une nouvelle vie plus confortable. 

                                                              

    Les anciens ont su lâcher le passé.  Le message est adressé à la génération montante. La génération intermédiaire renâcle, elle vit à petit feu. Claire et Stewart sont malheureux. La parole est morte chez Carl et Jude après la perte de leur enfant. Les deux couples sont amis. Chacun a abandonné une part de lui-même au chagrin et au renoncement. Leurs petits essaient d’apprivoiser les esprits du lac qui planent sur le village englouti.

     

    Stewart  Jindabyne, Australie : photo Ray Lawrence    ne pardonne pas à Claire    Jindabyne, Australie : photo Laura Linney, Ray Lawrence

     

    d’avoir déserté le berceau conjugal à la naissance de Tom. Claire a fui 18 mois chez sa sœur. Stewart se morfond dans sa station-service, nostalgique de l’époque où il était pilote de rallye. Il s’inquiète de quelques cheveux blancs naissants. Il fait une teinture. La vie est morne, voire mortelle.

                                  Hopper 1940_Gas

    Du coup, une partie de pêche avec 3 potes dans une nature sauvage prend un relief démesuré. Le week-end commence mal. Stewart découvre le cadavre d‘une jeune aborigène au fil de l’eau. Il hurle avant de tâter le corps rigidifié par la mort. Il arrime la dépouille. Pas question de gâcher l’escapade espérée depuis des lunes. Ces hommes ont besoin de se changer les idées, loin des femmes et de la ville dans ce petit coin perdu d’Eden. La vie d’abord et rien que la vie.

    L’annonce de leur macabre découverte au retour provoque un tollé dans leurs familles et au sein de la communauté aborigène. Rancoeurs et blessures refont surface, le racisme resurgit. Les eaux du lac propagent  la colère des esprits. L’atmosphère est pesante, elle écrase les êtres et leur identité malmenée par le transfert du village.

    Ces douleurs morales sont exprimées à l'économie. Les gens parlent  à reculons. Claire, assoiffée de rédemption, tente de rapprocher les communautés et de sauver son couple. Ray Lawrence recourt à la technique du fondu au noir. La dilution de l’image suivie d’une seconde de noir, atténue la tension  et régénère  la perspective d’un nouveau possible, modelée séquence après séquence.

                                                        

    Jindabyne est un film  «habité», tourné sur place, en lumière naturelle. Le réalisateur connaît parfaitement l’endroit pour y avoir taquiné le saumon. Les acteurs jouent sans fard, imprégnés de l’écrasante majesté du paysage. Le film est tiré d’une nouvelle de Raymond Carver  intitulée : « Tant d’eau si près de la maison.»

     

    L’eau des larmes, l’eau de la purification, l’eau vive. Les Anciens savent que le beau temps succède à la pluie. Que la mort fait partie de la vie. Qu’il est illusoire d’éluder notre finitude. Moi, qui parlait d’envie de légèreté, me voici rattrapé par la gravité, qui nous pousse tantôt à rire, tantôt à pleurer. Après avoir visité Jindabyne,  nulle tristesse, juste un grand silence, comme une eau dormante.  


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  • Un chapelet d’idées lâchées sur une feuille suffit à lancer l’écriture. Les intentions initiales évoluent au gré des associations libres. La plume trotte, l’esprit galope. Le texte fini, je reviens au brouillon. De nouvelles idées ont évincé quelques premiers jets. Des idées neuves restent également en suspens. Il y a trop plein. Yoko Tawada parle de « résidu ».


    « Ce qui est éliminé à souvent plus de valeur que le produit lui-même, il ne disparaît pas sagement dans le néant, il se révolte et écrit le texte suivant.»

                                            De résidu en résidu, on ne cesse jamais d’écrire.


    Aujourd’hui, je vous parle de résidus et d’un film ancien qui s’est glissé inopinément entre les « restes.»

    Rés./1 Lu les résultats d’une enquête. Les jeunes préfèrent toujours la salle pour se faire une toile. Ils aiment aller au cinéma en groupe puis boire un verre. Réjouissant. Petit bémol, leur nombre diminue.


    Rés./2  My Old Lady et White God, 2 bons films dont je n’arrive pas à parler en période de fêtes parce que j’ai besoin de légèreté. Je leur rends justice.

                                           My Old Lady


    My Old Lady est l’adaptation d’une pièce de théâtre par l’auteur. Un américain à Paris veut prendre possession d’un appartement légué par son père. Il doit composer avec une viagère nonagénaire, mère d’une fille aussi paumée que lui, tous deux en délicatesse avec leur paternel. Secrets de familles et chagrins rentrés éclatent. Longuet, autobiographique et remuant.

     

                   White God  

    White God est une fable racontée en hongrois. Le régime traque tous les chiens bâtards. Une fillette et son toutou résistent. La deuxième Rhapsodie hongroise de Liszt adoucit à peine les mœurs. Lily cherche son compagnon dans la ville brutale entre deux répétitions. Son Hagen prend la tête d’une meute de 250 chiens, filmés sans effets spéciaux. L’ombre de Spartacus plane sur la révolte contre la barbarie. Une parabole efficace et dure sur l’intolérance et la cruauté humaine.


    Rés./3 J’avais évoqué une fixette sur Modiano. Je sais enfin pourquoi la photo parue dans le Monde m’avait attiré. J’ai vu sur le visage timide et teinté de crainte de l’écrivain, la mimique de l’enfant que j’étais à 4 ans lorsque je ne parvenais pas à sourire devant l’objectif d’une photographe professionnelle mandée par mon père. J’ai plongé dans la biographie du prix Nobel hanté par l’oubli. Un gros point commun : reniés par le père. Et surtout, l’habitude chez Patrick Modiano fikk Litteraturprisen

     

    Modiano de glisser deux pages réelles dans chacun de ses romans. Il décrit des faits précis, adressés à une personne qu’il voudrait revoir. Personne n’a jamais réagi, comme mon père n’a jamais sourcillé à mes messages écrits ou radio (cfr mon livre)

    Cette explication tardive de mon aimantation modianesque accrédite la possibilité d’une télépathie dans l’espace. Elle témoigne certainement des tours imprévus mitonnés par les hasards de l’existence.


    Voici que surgit l’invité surprise, Une femme libre, croisée sur Internet. Jill Clayburgh me regarde et m’interroge : pourquoi ne suis-je pas dans ton livre aux côtés de Julia, Norma et Alice ?

     

                                                                                                  Jill Clayburgh.jpg

    Oui, c’est vrai j’aurais pu raconter les déboires de cette épouse trompée par son mari après 17 ans de mariage. Elle tombe des nues, pète un plomb, suit une psychanalyse, se ressaisit, file un nouvel amour et repousse une demande de vie en couple. Erica a découvert les délices de l’indépendance, elle se sent assez vaillante pour continuer seule.


    Ce type de femme aurait pu inspirer ma mère en plein naufrage conjugal. A l’époque, je cherchais au cinéma des modèles féminins affrontant crânement l’adversité. Pourtant, j’ai oublié la femme libre, vue en 1978. Normal, cette année-là, je me mariais. La joie a complètement submergé ma quête de femmes courage. J’étais entièrement pris par une belle aventure qui continue toujours avec ma première et unique compagne. L’idée d’infidélité m’était insupportable, surtout incarnée par ce mari pleurnichard qui avoue sa trahison en pleine rue à sa femme, ébahie puis méprisante.

    J’ai eu envie de revoir le film. Hélas, Une femme libre est quasiment introuvable ou impayable. Entretemps, Jill Clayburgh est morte en 2010 et Paul Mazursky a rendu l’âme en juin dernier.


    Les souvenirs sont souvent liés à des émotions ou à un contexte particulier. Quand j’ai écrit le chapitre sur trois femmes attachantes, repris dans «Le cinéma une douce thérapie», j’ai convoqué la tristesse de mon adolescence. Quand Une Femme libre est réapparue, elle m’a rappelé la joie d’avoir  rencontré la femme de ma vie, magnifique éclaircie dans un ciel assez sombre à l’époque.
                        Ma mémoire cinématographique déborde de résidus existentiels. Suite au prochain échouage.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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                                                      Le Chant de la Mer : Affiche

      

                       Les phrases patinent à décrire la féérie du Chant de la mer.     Des mots remontent :

                                                                Enchantement-Emerveillement-Apaisement,

                                                       bulles d’une plongée ouatée   Le Chant de la Mer : Photo

                                                                                              dans l’univers des Fées de la mer et des Esprits de la  nature.

     

    Mon esprit a vogué librement au cours du  voyage initiatique de Ben et Naïma. Mon cerveau s’est calé sur pause, laissant le loisir de contempler les couleurs étincelantes et les spirales inscrites dans les coquillages, les rochers et les abysses. J'ai flotté, j'étais dans un état second,un brin hypnotisé. Mais après la projection, j'ai cogité. Ce superbe dessin animé d’inspiration celtique est truffé de symboles. J’en ai capté deux à tête reposée.

    La symbolique de la spirale renvoie à la renaissance et à l’évolution. La spire représente le développement psychologique global.  

    Ben, le frère jaloux,   Le Chant de la Mer : Photo

    Naïma, la sœur muette            Le Chant de la Mer : Photo 

    Conor, le père inconsolable,  

    Macha, la sorcière aigrie,   

    auront changé à la fin  du conte. Ils auront évolué vers la sérénité, libéré des émotions enfouies.  

                                           Le Chant de la Mer : Photo      

       

    Second symbole, le fil d’Ariane, le fil lumineux des lucioles magiques, le lien qui nous relie à l’univers et au « petit peuple» emprisonné  dans la pierre par les odieux hiboux de la sorcière. Le fil des histoires aussi, dans la chevelure du vieux mage Chanaki Le Chant de la Mer : Photo dont chaque tif contient un récit.

    Ces belles histoires que maman racontait à Ben jusqu’à la naissance de Naïma. Une vie, une disparition. Où est passée Bruna ? A six ans, Naïma emmène  sans mots dire son grand frère à la recherche de leur maman. Ils quittent le phare juché sur la falaise pour descendre dans la ville de grand-mère au-delà des eaux. Commence une navigation aveugle parsemée de récifs, sous l’œil protecteur des sept phoques et des deux chiens Pégase.

    Naïma se découvre les pouvoirs d’une Selkie, mi-humaine, mi-phoque. Dans Selkie, résonne Self, vocable des dissidents de Freud, pour désigner une personnalité se constituant au gré des rencontres, traumatiques ou non, qui se font à un niveau inconscient. La quête de Ben et Naïma fourmille de rencontres magiques, sombres et lumineuses.

    Je pousse un peu loin ? Certes, mais qui connaît vraiment les secrets nichés dans les contes et légendes universels, recueils de l’inconscient collectif.

    Cette extrapolation intellectuelle m’éloigne de l’essence du Chant de la mer : sa beauté formelle, sa grâce, sa douceur et sa subtile évocation de la perte et de la séparation. Le graphisme  évoque Ocelot et Miyazaki. Ce magnifique livre animé, mérite d’être feuilleté parmi la noria de films «pour» les fêtes. La bande originale est signée Bruno Coulais et Kila.Ils avaient déjà participé à la bande-son de  Brendan et le secret de Kells  du même Tomm Moore

     

      

      

                                   Le Père Noël          Le Père Noël : Photo Tahar Rahim, Victor Cabal                       

    Le père Noël fait un peu rêver aussi sur les toits de Paris. A l’image de Ben, Antoine a perdu un être cher. Il a 6 ans, est asthmatique et croit dur comme renne au père  Noël. Le petit orphelin compte sur le génial barbu pour le conduire au ciel voir son papa décédé. Et voilà que le père Noël échoue sur le balcon d’Antoine. Le cambrioleur et l’enfant vont constituer un duo très soudé l’espace d’une nuit extraordinaire. L’ambiance des fêtes me rend indulgent. Je recommande cette gentille promenade dans les airs de la ville lumière aux familles lassées des productions formatées jeune public. Chaud et tendre.

    Et s’il fallait compléter le tiercé, pensez à La famille Bélier, déjà invitée deux fois  dans Cinémoithèque. Papa, maman, sœur et frère étaient sur le plateau du journal de France 2. J’ai appris que l’acteur interprétant le frère, Luca Gelberg, Luca Gelberg est sourd-muet. Il rêve  de jouer dans un film pour «entendants». Un acteur parlant ferait sa voix. Je souhaite à Luca de vivre son rêve.

     

     

     

     

     


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  • France 3 diffusait hier Le jour d’après.

     

                                                              

     

     

    Il y a 10 ans, ce film sur les conséquences du réchauffement climatique relevait de la science-fiction. Aujourd’hui, l'opus catastrophe dégage plutôt un parfum d’anticipation au vu des derniers dérèglements planétaires. L’air de rien, le cinéma à grand spectacle colle à l’actualité. Dans Interstellar, l’air est devenu irrespirable sur terre. Contagion décrit les ravages d’un virus propagé par la

    mondialisation. L’impossible, the impossible naomi watts

     

     

    inspiré de faits réels met superbement en images la dévastation du tsunami, déjà montrée au service de la fiction dans Au-delà : photo Cécile de France, Clint Eastwood Au-delà.

     
    Les cinéastes propagent les soubresauts de la terre maltraitée par les humains. Pas au point cependant de convaincre les programmateurs de diffuser des films catastrophes en premier écran à la télé. Les grands fléaux colonisent surtout les après-midis, particulièrement ces dernières semaines. Les éruptions volcaniques, incendies, tempêtes et tremblements de terre piquent des parts de marché aux drames sociaux et aux bluettes, compagnons habituels de la sieste.


    Revenons au grand écran, friand des films catastrophe depuis toujours. En dressant l'inventaire des mégas périls mis en scène de 1970 à nos jours, on pointe des décennies propices aux mégas frissons. Le catastrophisme connaît un pic tous les 20 ans : 1970-1990-2010, avec une cime en 2012. Cette année-là, une bonne douzaine de films nous ont préparés à la fin du monde prédite par les Mayas le 12.12.12. Etrangement, le souffle dévastateur a épargné les années 80. Le monde avait peut-être envie de calme après les deux chocs pétroliers.
    Le cinéma matérialise nos craintes déniées et fait peur régulièrement. Les tourmentes génèrent de grandes aventures, des actes de bravoure, de la solidarité. Mais que reste-t-il de ces grands spectacles une fois dissipé le choc de la projection ?


    Je me souviens de New-York dévastée par un accident nucléaire. Harry Belafonte erre dans les rues désertes à la recherche de

    survivants dans Le monde, la chair et le diable (1959).           

     

     


    Je me rappelle de la torche incandescente de La tour infernale (1974).  La Tour infernale


    Je vois encore Richard Anconina et Sabine Azéma enquêter dans la Zone rouge (1985) 

     

     

                                                                         J’ai  aussi en mémoire la tornade de Twister (1996)     

                                                  Twister : Photo Jan de Bont

      

    la perte des cinq sens dans Perfect sense (2011).Perfect Sense

     

                                                                        
    La séquence finale de Melancholia (2011) 

     

     

    et la parano Take Shelter : Photo prémonitoire  de        Take Shelter (2012) m’ont marqué insidieusement. Ces deux films expriment la dépression ambiante et s’incrustent dans le psychisme.


    Si jamais le filon du film catastrophe venait à se tarir, je propose de lancer le genre des films solutions. Les gouvernants et les médias commencent à se soucier de la pollution atmosphérique. Paris parle d’interdire les véhicules diesel, des villes flamandes exhument un arrêté permettant de bannir les particules fines des centres-villes belges. Voilà un beau matériau pour des scénarios de films écolos, productions rarissimes au cinéma.


    Après cet hiver, je pense même à une comédie autour de l'indicateur électricité énoncé quotidiennement en Belgique. Pardi, on suit le courant de près car le pays du roi Philippe risque des coupures durant 49 heures entre le 1er novembre et le 31 mars. En cas d’hiver sibérien, ce risque grimperait à 116 heures. La bonne blague ! (belge).


    C’est drôle, l’indice de la qualité de l’air, désormais mesurée en Belgique et en France, est moins médiatisé. L’électricité serait plus précieuse que l’air. Un paradoxe comique à creuser.


    Moi, mon indicateur préféré, c’est la Météo des énergies renouvelables. Renouveler au lieu d’épuiser. Préserver au lieu de saccager. Ca me rappelle un film fabuleux, décrié pour son message écolo-naïf :

     

                         Avatar                    Avatar : Photo

     

                         Exit les catastrophes, la prochaine fois, je vous parle de belles toiles de Noël, fête mondiale de la paix.


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