•  

     

    © Roger Arpajou

    Je me suis promené hier soir Dans la cour , film étrange de Pierre Salvadori (2014) sur la dépression, en équilibre instable entre rire et gravité. J'ai accroché par moments après une première demi-heure intrigante. Puis, je me suis lassé de ces amorces de personnages un peu largués, gravitant autour des deux déprimés principaux.

    J'ai repensé à d'autres films traitant d'un thème similaire.

     

    Melancholia , de Lars von Trier, avec Kirsten Dunst, qui sortait d'une dépression

    et qui incarnait parfaitement cet état, proche de la mélancolie, "maladie paradoxale, qui fait de la lucidité aigüe de celui qui souffre la cause même de sa maladie", écrivait la psychanalyste  Marie-Claude Lambotte, dans Les Cahiers du cinéma de juillet-août 2011.

     

    La dépression affleure souvent  chez les personnes qui ont l'air d'aller bien, comme ces trois femmes dans Hours The Hours, inspiré de la vie de Virgina Woolf et de son roman Mrs Dalloway. Comment ne pas sombrer dans l'atonie ou la désespérance?

     

    En prenant une décision radicale ou en ouvrant la porte de l'imaginaire poétique comme Gary et Audrey, dans le récent Bird People de Pascal Ferran.   Deux êtres dans un entre-deux, disponibles pour l'inédit.   Bird People

     

    Echappée salvatrice encore, dans Le complexe du castor, qui a relancé Mel Gibson, qui sortait d'un creux prolongé. Son amie Jodie Foster le dirige dans un rôle cathartique, celui d'un patron d'entreprise qui utilise une marionnette pour interpeller et secouer indirectement ses amis et sa famille.

     

    Le Complexe du Castor : photo Jodie Foster, Mel Gibson

     

    Le cinéma régénère, recycle nos émotions, les soulage.

    Au plus fort de ma tourmente adolescente, Les demoiselles de Rochefort (1967) m'ont redonné la joie de vivre. Extrait de mon essai  à paraître " Le cinéma, une douce thérapie" 

    Je n’ai aucun penchant pour les comédies musicales. Pourtant, le refrain des sœurs jumelles, diffusé abondamment à la radio, me conduit dans les bras de Delphine et Solange, «nées sous le signe des gémeaux, de père inconnu, qui rêvent du grand amour, cherchent un homme bon, un homme beau, un homme idéal, mi-fa-sol-la- mi- ré, ré-mi-fa-sol-sol-sol-ré-do.»

    J’absorbe à grandes lampées la formidable joie de vivre en dépit d’amours contrariés. J’adore les danses et les chansons enjouées, les acteurs virevoltants, l’enthousiasme endiablé. La partition associe mélancolie et légèreté.

    Trois couples sont prédestinés mais le chemin des épousailles est jonché de contretemps, de quiproquos et d’ironie. Le bonheur transperce la douleur. Je pense naïvement que la vie est devant moi, que des lendemains meilleurs m’attendent, et qui sait, que mes parents pourraient se réconcilier.

    Je vous souhaite de chanter et de créer vos belles mélodies du bonheur.

     

    http://www.youtube.com/watch?v=Tv6_XrJnWFs


    2 commentaires
  •  

     

     

    Une famille brésilienne

    Sao Paulo, maintenant. Dario est doué au foot mais son grand âge (18 ans) rebute les recruteurs. Il court après son rêve : devenir une star du ballon rond. Son petit frère court après son père. Denis court après l'amour et est court dans la vie. Dinho cherche sa voie spirituelle. Leur mère, qui leur a donné quatre pères différents fait des ménages pour nourrir son petit monde toujours à la maison. Elle supporte l'équipe de Corinthians de Sao Paulo, seule échappée à sa vie de labeur et de jolis coeurs. L'envers du Brésil à travers les mailles du filet du but que chacun cherche ici-bas.

     

    Coup de tête

    L'argent rend foot un petite ville de province française. Dewaere tape fort sur le ballon et sur la médiocrité humaine. Une comédie percutante tirée à la latte satirique en 1979

     

     

    medium                            

     

    Un livre adapté à l'écran par Wim Wenders en 1971. L'errance  d'un gardien exclu par l'arbitre, qui s'exclut de la société au petit matin d'une rencontre avec une caissière de cinéma.               

      

    Beaux matches, belles toiles...                                Comme un lion

     

     


    votre commentaire

  • Que d’images assoupies en moi ! Une musique, une photo, une affiche, suffisent à réveiller l’émotion, le plaisir, l’émerveillement liés à une immersion totale dans l’écran blanc des salles obscures. Les images animées me transportent vers la clarté, la légèreté et la compréhension intime. Choisir les films de ma vie a été l’occasion d’un étonnant voyage intérieur, à la destination improbable. Je suis parti à la recherche de moi-même. J’ai sondé des failles cachées, j’ai débusqué des tourments étouffés, j’ai revécu des joies oubliées.

     

     

    Voyages

     

     

    Regarder un film, c'est partir en voyage, voguer dans un espace-temps extraordinaire, à l'affût de sensations et d'émotions inédites. C'est un plongée en soi et un retour en surface, lesté d'un regard nouveau sur son histoire, que l'on s'empresse de croiser avec d'autres points de vue. Il s'ensuit une animation fertile, prélude à l'écriture d'un nouveau scénario de vie.

     

     Belle journée


    votre commentaire
  •    

      Bienvenue!

     

     

     

     

                                                          Bande-annonce

     

     

    Seize mai 1958, Oakland, Californie. J’ai trois ans et demi. Je suis en pyjama, debout sur la banquette arrière de la Studebaker familiale garée devant l’écran géant du drive in. A ma gauche et à ma droite, des enfants vêtus de la même tenue de soirée trépignent comme moi en attendant le début du film. Mon père et ma mère sont assis à l’avant. Je me glisse entre eux, impatient de voir ce qui va  apparaître sur le grand rectangle blanc.

    Ma mémoire a vrillé la première scène de ma cinécure : le ciel étoilé, les rangées de belles américaines, l’écran immense et surtout, nous trois dans la voiture, réunis dans un rituel qui allait  durer jusqu’à mes douze ans, âge auquel mes parents se séparent. Je ne me rappelle pas du film projeté ce soir-là. Je garde uniquement le souvenir indélébile de la fusion familiale, de l’effusion dans mon cœur et  de l’immersion dans la  toile blanche. L’émotion initiale est toujours vivace, patinée par la douceur de l’enfance et des milliers de films. Je me suis évertué à perpétuer cette soirée magique, à la poursuite du roman familial, vécu à l’unisson avec mes parents, nos regards tournés dans la même direction. 

     

    Cette histoire vécue commence un livre (paru le 12 mai 2015) tremplin à des ateliers de "ciné-thérapie", renommé Cinémouvance . L'idée est de regarder en petit groupe un film sur un thème choisi et de voir ensemble quelles histoires le cinéma nous inspire. De la confrontation (pacifique) des récits, naîtront une histoire commune ou de nouvelles histoires personnelles, portes vers une autre façon d'imager sa vie.smile

    Je balbutie encore dans l'édition sur Internet. Mais je tenais à laisser une première trace sur le cheminement d'un projet que je voudrais construire au départ des films qui vous ont animé, ému, qui ont marqué votre existence.

    Le cinéma est un fidèle compagnon depuis mes trois ans. Le cinéma est puissant et moteur, il impulse du mouvement , suscite l'émotion, nourrit nos perceptions, dope le quotidien. Parlez-moi de vos films fétiche et nous partagerons ces récits sur Cinémoitheque, que je promets d'embellir au fil des jours et des belles histoires de film. 

     

     

     

    p.gilly@mail.be


    7 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique