•                         Ateliers de ciné-thérapie  16 mai, 23 mai et 6 juin 2015.

     

     

    Je viens de mettre la dernière main à l’affinage de mon livre «Le cinéma, une douce thérapie ». Mes nuits ont été courtes depuis lundi dernier. J’ai suivi les suggestions judicieuses de mon éditeur. Le livre est désormais pratique du début à la fin, il conviendra à un large public, engagé ou non dans la relation d’aide. J’ai travaillé à marche forcée afin que le l’ouvrage soit en librairies au début du mois de mai.Je préciserai la date exacte de publication et vous dévoilerai la couverture en primeur dès sa finition.

    Je peux me concentrer désormais sur les ateliers de ciné-thérapie appelés à fleurir à Namur et à Bruxelles, dans un premier temps.
    Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma.

     

    J’ai revu Jappeloup à la télé. Le film m’a paru moins long qu’à la première vision. Résultat de recherche d'images pour "jappeloup"

     

    J’étais probablement dans un état d’esprit plus conciliant qu’à la projection de presse voici deux ans. Le champion tire le meilleur parti de sa monture lorsqu’il fait corps avec elle et la considère comme un être humain, non plus comme un objet à son service.

    Résultat de recherche d'images pour "jappeloup"    Je retiens aussi la vision fugace de la photo du père décédé, placée dans la bombe soulevée à la fin du parcours olympique de Séoul. Le père sur la tête a mis la tête de Pierre à l’endroit.

                                                  Résultat de recherche d'images pour "Wild"

                           


    Cheryl Strayed a failli perdre la sienne et la santé après l’échec de son couple. Elle se ressaisit au bord de la surdose. Le décès de sa mère la projette dans un voyage spirituel au-delà d’elle-même et de ses forces. Cheryl se met en tête d’effectuer en solo les 1700 km du Pacific Crest Trail, la galère de randonnée la plus sauvage et la plus aride des Etats-Unis. La cure parfaite de désintoxication mentale et physique.

    Résultat de recherche d'images pour "Wild"                    Résultat de recherche d'images pour "Wild"     

    Je salue bien bas l’exploit mais j’ai lâché rapidement le pas de la blonde Cheryl. De fréquents flash back ont cassé ma cadence de vision. J’étais perturbé également par des raccords approximatifs montrant Reese Witherspoon harassée dans un plan et fraîche comme un gardon de l’Oregon dans le plan suivant. Bref, je n’y ai pas cru lors d’une vision de presse où les avis étaient mitigés. J’ai regretté également la rareté des images d’une nature impressionnante.
    J’ai repensé évidemment à Into The Wild, beaucoup plus incarné, et aussi aux nombreux anonymes qui se lancent sur les pistes de l’extrême, par défi ou par envie de sortir de la routine. Au contraire de Cheryl, Christopher, 22 ans, multiplie les rencontres au cours de son périple du Dakota au Colorado avant de périr dans les grands froids de l’Alaska.

     

    Christopher rejetait le modèle de vie confortable et insipide de ses parents. Cheryl voulait expier un début de vie cahotique. Son pari énorme l’a reconstruite et elle a écrit un livre sur son «trip». Christopher a tourné définitivement la page et ne laisse que des proches éplorés.


    On ne vit que deux fois, dit un proverbe chinois : quand on naît et quand on est face à la mort. Respect à celles et ceux qui se collettent prématurément avec la grande faucheuse. Moi, finalement, je ne suis pas pressé. Surtout après le livre à venir.

     

     

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    En devenant un American Sniper légendaire, Chris respecte à la lettre l’injonction paternelle proférée     à ses 12 ans. «Si tu es de la race des bergers, tu as le droit de mettre hors d’état de nuire celui qui attaque ton troupeau.» L’aîné écoute le sermon après avoir rossé l’agresseur de son frère cadet. Le père lui donne raison pourvu que la cause soit juste : défendre le faible contre l’oppresseur.


    Chris  American Sniper : Photo Bradley Cooper éliminera 160 méchants au cours de 4 missions en Irak.                                   Sa première cible sera un enfant porte-grenade, « effacé »apparemment sans état d’âme. Chris avait tiré son premier cerf très tôt en accompagnant son père à la chasse. Le petit a un don qu’il usera à protéger son pays, ses Marines et sa famille. hris part en Irak au lendemain de son mariage après avoir engrossé sa jeune femme. God Bless America.                                         

    Il se mue en machine de guerre. Le tireur d’élite conserve juste un peu d’humanité en étant soulagé d’avoir pu épargner un deuxième

    enfant pris dans sa ligne de mire. Résultat de recherche d'images pour "american sniper"

     

     


    Chris Kyle tue par devoir, John du Pont tue (une fois) par dépit. 


    Le milliardaire n’obéit à aucune injonction parentale. Il porte le poids d’une prestigieuse lignée de Foxcatcher, galerie d’industriels qui ont bâti l’Amérique. Il toise le monde d’un regard éteint. John le solitaire achète de la compagnie et des trophées à coups de milliers de dollars. L’enfant richissime subit l’emprise morale de sa mère, douairière en chaise roulante. John cherche éperdument la reconnaissance et un signe d’affection maternels. Petit, sa mère payait le fils du jardinier pour être son ami. Une anecdote confiée sans émotion apparente à son « poulain » Mark, assigné au centre d’entraînement olympique aménagé dans la luxuriante propriété des du Pont.


    John  Foxcatcher : Photo Steve Carell ambitionne de redorer le blason de l’Amérique conquérante. C’est un patriote comme Chris mais sa motivation n’a rien d’altruiste. Il veut briller aux yeux de la reine mère. Il fait semblant de coacher l’équipe de lutte. Une tâche encore au-dessus de ses capacités, frimée devant sa mère réticente à la vue de ce sport trivial. Il est contraint de rappeler Dave, l’aîné qui a toujours protégé Mark après la mort des parents. Dave a de l’assurance et de l’estime de soi, qualité absente chez l’héritier et le petit frère. John avait séparé les deux frères champions afin d’assujettir tranquillement sa proie.   

     

                                          Résultat de recherche d'images pour "foxcatcher"                                                                                                                                                La loyauté fraternelle tournera au drame.


    Foxcatcher et American  Sniper sont de violentes histoires de famille, tirées de faits réels. Les deux films parlent de l'empreinte parentale, creuset de destinées tragiques. Ils montrent à la fois une Amérique va-t-en guerre, colosse aux pieds d’argile et le déclin inexorable du rêve américain, miné par la dégénérescence des familles pionnières.


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  •                                                                Découvrez une version originale de votre histoire

     

    Et si l'été était propice à une nouvelle narration détendue des relations fraternelles.

                                           Rire,approfondir,rebondir                   

                                                               en bonne compagnie

     

          Cinémouvance

        Imprimer un mouvement neuf dans la façon de se voir,

                                                              de se dire,                                              

                                                  d'être!          

                                                        

                               Atelier d'évolution personnelle                       

                        Vendredi 21 août 2015                  

     

                                                                              

                      Saint-Jacques... La Mecque    au programme de la journée                                       

         

                                 Le cinéma transpose nos soucis et nos problèmes à l’extérieur de nous.                      

                           Chacun regarde son film et le raconte après la projection commune.

                           Le récit personnel évolue à l'écoute de narrations croisées.                                              

                           Les différents points de vue révèlent les versions multiples d’une histoire.

                           Les ateliers initient une narration de soi alternative.    

                           Glisser naturellement de l’histoire du film à un nouveau scénario personnel.

     

                                          Le cinéma agite doucement, remue en profondeur

     

                                         "Le film a été une impulsion. Sa tonalité nous amené rapidement dans la profondeur, dans l’intime. C’est étonnant de voir les transformations possibles de son récit personnel quand on l’écoute raconté par quelqu’un d’autre."

                                «L’imaginaire que nous créons révèle toujours un part de nous-mêmes.»

      «A la fin de cette journée, je me sens relancée et je sens que cela va faire changer des choses en moi, tout doucement, sans brusquer comme si de rien n'était. Sans avoir l'air d'y toucher, par l'image, la parole, le partage. Cela nous touche, nous met, re-met en mouvement et c'est bon."

     

    Le 21 août, fin d'un cycle sur les fratries. La tolérance et la solidarité  seront au coeur du dernier atelier "fraternel". 

                                                    

                                                             

     

                           La journée commence à 9H15, allée de Neris 15, à Wépion. Fin à 17H30

                       Participation aux frais : 50 euros.

                       Animation : Patrice Gilly, auteur de Le cinéma, une douce thérapie.  

                       Inscriptions au 081.74.84.33  ( 00.32.81.74.84.33) ou p.gilly@mail.be

                                                                 Pour en savoir plus et encore

                      
                                   

    Le principe des ateliers est de susciter le contact entre ce qui se passe à l’écran et en soi ; de générer des récits à partir du film vu. Ces récits témoignent de réalités différentes perçues par les spectateurs. Du constat de plusieurs réalités, on glisse à la possibilité de voir la vie sous plusieurs angles, de sortir du récit figé de son histoire. Du contact avec de nouvelles figures, on tire l’inspiration vers de nouvelles façons de prendre contact avec sa réalité.

                                                                 


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                                                                Still Alice : Affiche

    « Je ne souffre pas, je me bats pour rester connectée à ce que j’étais. J’apprends l’art de perdre.» En l’occurrence, la mémoire. Alice est atteinte d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer. A 50 ans, elle doit renoncer à sa chaire  de linguistique à l’université de Columbia. Les mots lui échappent. « Ils sont devant moi mais je ne peux pas les atteindre.»


    Alice a néanmoins accepté de témoigner sur son combat. Still Alice : Photo Julianne Moore Elle surligne sa conférence au fur et à mesure de l'énoncé de son texte. Alice a un cran admirable. Elle déploie mille stratagèmes pour garder le fil. Elle enregistre des consignes sur son PC. Elle stimule ses neurones en jouant à des jeux d’esprit. Elle continue à lire. Julianne Moore a bien mérité son Oscar. Elle porte son personnage avec dignité et courage. Elle évite le piège du pathos et de l’interprétation tire-larmes même au cours de scènes émouvantes comme celle où elle craque dans les bras de son mari. Elle regrette de ne pas avoir un cancer, handicap beaucoup plus "social".


    Cette maladie neuro-dégénérative est terrible. Quoi de pire que de perdre ses souvenirs, de devenir un poids pour l’entourage, de ne plus reconnaître les siens. J’ai regardé Still Alice  (sortie le 18 mars) sur les les yeux rivés sur Julianne Moore. Je relevais aussi au passage les symptômes d’Alzheimer ; je suis rassuré, je n’en présente aucun.


    Après le film, j’étais pensif et stimulé par l’énergie qu’AliceStill Alice : Photo Julianne Moore déployait pour enrayer ses troubles. Je n’ai pas éprouvé de fortes émotions. Quelques scènes de solidarité familiale m’ont ému. Cette auto- observation intervient dans le troisième temps de la perception des retombées d’un film sur le psychisme.Comme annoncé, voici les questions que l’on peut se poser après une projection pour évaluer l’impact du film.

     

    A la fin du film
    Je me lève dès le mot fin ; je reste assis jusqu’à la dernière ligne du générique ; je suis toujours assis une fois la lumière rallumée…

    Etat d’esprit
    Joyeux, calme, serein, triste, irrité…

    Réactions
    Commentaires séance tenante ; retenue ; les mots manquent ; envie d’en parler à la terre entière

    Empreintes

    Quelles sont les scènes, les séquences marquantes,
    Me suis-je identifié à un ou plusieurs personnages… En ai-je repoussé
    Me suis-je projeté dans un personnage, dans une situation (j’aimerais que cela m’arrive à moi)…
    Me suis-je libéré d’une grosse émotion rentrée
    Ai-je été présent tout au long du film ou ai-je souvent décroché
    Similitudes avec ma situation personnelle, proximité avec mes soucis du moment
    Réveil d’émotions ou de pensées liées à un film vu dans le passé

    Stimulation
    Clarification d’une situation, d’un sentiment, prise de recul
    Révélation d’une peur, d’un désir, d’une évidence
    Identification de ressources pour résoudre un problème,
    Pulsion d’action.
    Soutien au changement (synchronicité)


    A long terme

    Chercher les intentions du réalisateur, envie de m’informer sur l’époque du film, en savoir plus sur la pathologie évoquée…

    Le questionnaire jalonne l’inventaire des effets et des retombées de la séance. Il prépare une décantation film à court et à long terme. La maturation consciente et latente ratisse le fond de l’être et démultiplie la portée du film.

     


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  • Les participants au deuxième atelier   de ciné-thérapie étaient pensifs à la fin de la journée, encore marqués par la projection matinale de Disconnect.


    « J’étais contente de pouvoir parler du film après l’avoir vu, la parole libère d’une émotion trop forte. »


    « Ça ne me suffit pas d’être seule avec ça. J’ai envie de revoir le film avec mon mari et de discuter avec lui des usages d’internet et des réseaux sociaux. Nos enfants sont grands, mais pour nos petits-enfants… C’est un sujet que nous avions rarement abordé auparavant. »


    « Ce film a éveillé des peurs. J’ignorais les dangers auxquels des adolescents s’exposent en dévoilant leur intimité sur les écrans

                     d’ordinateur ou de téléphone.»                                                                            

     


    Les adultes sont également des proies faciles pour des esprits malveillants. Le film montre aussi la détresse d’un couple piégé par un escroc, prédateur de la misère affective dans une société d’opulence. La technologie numérique submerge un océan de solitude, elle instaure du lien et de la confiance virtuelle entre des êtres en défaut de considération, d’attention, d’empathie, dans un monde réel impersonnel. Des êtres tellement désemparés qu’ils dévoilent leur intimité à de parfaits inconnus.

     


    La grande force du premier film d’Henri Alex Rubin, est de présenter les deux facettes d’Internet, média à la fois destructeur et réconciliateur. La communication à distance rapproche des pères de leurs fils, recompose le puzzle compliqué des relations en face-à-face. A proposer dans toutes les écoles du Royaume et de la République.

                                                   Résultat de recherche d'images pour "disconnect"


    Les participants à l’atelier ont dégagé les thèmes majeurs du film, inspirés par les situations et les personnages. Je cite en vrac : manque d’amour, fragilité, confusion, manque d’amour, solitude, culpabilité, confiance, déprise sur les événements…
    Il leur était encore demandé de choisir le personnage qui les avait particulièrement touchés et d’imaginer son évolution. L’histoire personnelle, les valeurs et les croyances de chacun ont inspiré des récits variés et attachants. Cette expérience écrite et narrée est généralement très appréciée car elle laisse libre cours à l’imagination et aux projections : happy end, romance, revirement, prise en mains de son destin. C’est très gai d’être auteur d’une nouvelle histoire ou de réécrire les événements. Le but ultime des ateliers de ciné-thérapie est de glisser de l’histoire du film vu à la narration revue de sa vie vécue.

     

                                                                   Résultat de recherche d'images pour "disconnect"


    Nous n’en sommes pas encore là. Lors de ce deuxième atelier, l’empreinte forte du film a orienté  le déroulement vers une parole libératoire, exprimant une prise de conscience inattendue de l’emprise tentaculaire de la pieuvre numérique.
    Parole, créativité, partage et réflexion, la journée fut belle, antidote efficace à l’indifférence et au repli sur soi. Merci à tous !
    Dans un prochain article, je décrirai le troisième temps de l’auto-observation lors d’une projection à visée thérapeutique.

     


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