• À tire-d'aile

     

     

                                                        L'Envolée sauvage : Affiche

     

    Nous avons vécu une belle émotion en regardant L'envolée sauvage avec les cadets de nos petits-enfants cet après-midi. J’avais enregistré ce film inspiré d’une histoire vraie à leur intention. La chaleur étouffante nous a réunis dans une pièce ombragée, dix degrés en dessous de la fournaise extérieure.

    Quel bonheur de voir Amy et sa cohorte d’oies du Canada atterrir sur un domaine voué à la spéculation immobilière. La jeune fille de treize ans termine seule un périple en ULM, escortée de ses quinze bernaches qu’elle suit depuis leur naissance. Un bulldozer avait tué les couveuses au début du film ; un engin identique rebrousse chemin à la fin de la première migration des oisons devenus grands. Les 120 hectares deviennent réserve naturelle par occupation du sol dans les délais impartis. Hip, hip, hip, hourra !                                                

     Jeff Daniels in Fly Away Home (1996)                                                                                                 Amy a d’abord élevé seule la petite colonie, puis son père a tracé l’itinéraire de base des apprentis migrateurs. Père et fille ont mis le cap vers le sud à bord d’engins ULM maison, oiseaux pilotes d’une couvée  inséparable de leur mère de  substitution. Amy accomplit le dernier tronçon privée du soutien de son père cloué au sol.

     - Vas-y, Amy, fonce ! Tu vas y arriver, tu ressembles à ta mère. Si elle  m’a quitté, c’est pour aller au bout de ses rêves.

     - J’aurais aimé que maman soit là.

     - Elle est là, parmi les oies qui volent avec toi.

    Amy serre les dents, redécolle, les yeux brillants. Notre petit-fils réagit : elle imagine que sa maman est là… Bien vu. Les grandes émotions sont universelles. Amy a perdu sa maman dans un accident de voiture. Les oies sont devenues sa raison d’être, l’ont aidée à reprendre goût à la vie, l’ont rapprochée d’un père jusque là aux abonnés absents.

    L’apaisement et la nature gagnent en bout de course. J’ignore ce qui a le plus ému nos deux petits spectateurs. Ils ont posé beaucoup de questions sur les volatiles au début, puis ils se sont attachés à Amy et à son pari insensé, celui  d’initier des apprentis migrateurs.

     

    Animaux et humains sont capables de s’entendre ou du moins de cohabiter, dans un esprit de respect mutuel. Comme dans cette ville de cent soixante habitants où les ours s’aventurent près des habitations dès avril, en quête de nourriture, et s’en retournent dans la montagne dès la première fonte des neiges.

     « Ils ont leur territoire, nous avons le nôtre, et ça se passe plutôt bien », raconte une élève de Kathleen Dean Moore 

     La pandémie en cours nous rappelle la valeur d’une cohabitation attentive, selon Baptiste Morizot.

    Car les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'énigme d'être vivant, et la responsabilité de cohabiter décemment. Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle et c'est elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant.  (Manières d’être vivant, Actes Sud)

     

    Après le film, nos deux petiots sont partis promener dans les bois avec leur grand-mère.  Ils verront peut-être la biche et son faon qui nous rendent visite régulièrement.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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