• A la folie.

                                                                       

          

      Perdre la mémoire pour oublier...

                                                       qu'on vieillit,qu'on a été viré,qu'on a perdu un être cher ...

     

     

                                        Jean Rochefort est Claude Lherminier, octogénaire, racé, fin, élégant, toujours dandy.

    Floride : Photo Jean Rochefort Un rôle sur mesure, sauf que Claude présente les signes de la maladie d'Alzheimer. Rochefort, cinq ans plus âgé (85) que le rôle, semble cabotiner dans un premier temps. Son personnage facétieux et canaille s’ingénie à ridiculiser la confusion grandissante des dates, des gens, des lieux.


    Je m’interroge : comédie ou drame ? Puis, la gravité prend le pas sur la légèreté. La maladie empire, les phobies amplifient, les obsessions cristallisent dans des délires. Les haines enfouies éclatent en saillies méchantes. Claude met sa fille aînée au supplice, nie obstinément avoir besoin d’aide. Carole ménage son père, refuse de le placer, la situation devient pénible. En plus, l’ancien capitaine d’industrie ne jure que par sa cadette, morte neuf ans plus tôt. Il croit sa petite chérie toujours vivante en Floride. Le père enjoué boit chaque matin un jus d’orange de là-bas et rêve de rejoindre la disparue.


    « Quand je vois des amis morts interpréter des drames, je pleure. Quand je les vois dans des films drôles, je ris», écrit Jean Rochefort dans Ce genre de choses, fragments biographiques publiés chez Stock en 2013. Jean rit et pleure, agace et émeut, attendrit et irrite dans sa peut-être dernière prestation filmée. Je n’oublierai pas plusieurs scènes de sitôt, où l’artiste passe instantanément du déni à la prise de conscience de son trouble profond. Je pense à la visite médicale et à l’altercation avec un conducteur impatient sur un passage clouté. Chapeau l’artiste !


    Le célèbre moustachu décline la progression insidieuse de la maladie en sautes d’humeur déroutantes. Le présent n’est plus repérable, agrippons les bouées du passé. La mémoire à long terme déplie les étreintes câlines avec maman, les jeux d’enfant, la campagne chatoyante. Carole aide son père à avancer en terrain connu. Elle ignore la rancœur, qualité partagée avec son géniteur ; ils ont au moins ça en commun, sourire à la vie coûte que coûte.


    En incarnant, au sens littéral, une maladie pernicieuse, Rochefort donne à voir l’érosion irréversible des facultés mentales, qui peut survenir à la soixantaine. Le très ancien routier du cinéma français a retardé sa sortie d’écran pour livrer une prestation magistrale (l’ultime ?), scellant l’étendue d’un talent parfois galvaudé dans des comédies mineures. « Il fallait bien vivre, n’est-ce pas.»
    Cet acteur inclassable a mis du temps à retomber sur ses pieds après un rôle éprouvant à un âge vénérable. Rochefort a peut-être voulu conjurer le sort en autopsiant une maladie de plus en plus précoce, paraît-il, surtout chez les personnes qui ont une intense activité cérébrale.


    D’autres acteurs au crépuscule de leur carrière prennent la maladie et la vieillesse à bras- le-corps.


    Jean-Pierre Marielle (79 ans) et Pierre Arditi (71ans ) dans La fleur de l'âge  La fleur de l'âge

     


    Julie Christie (68 ans ) dans le très beau  Loin d'elle

     


                                  Alzheimer et l’amnésie fascinent le cinéma.

      Still Alice Still Alice   et  Se souvenir des belles choses  me viennent spontanément à l’esprit.

    Les acteurs endossent psychiquement des rôles complexes, souvent en résonance avec l’histoire d’un proche ou une anxiété personnelle.Ils donnent un coup de projecteur sur notre vulnérabilité, difficile à accepter lorsque nous sommes confrontés de près à la maladie ou au vieillissement.Tous ces films disent l’importance et l’inconfort de l’entourage dans l’accompagnement de la maladie et de la dégénérescence.

    Un esprit sain dans un corps sain, disaient les Anciens. La santé, c’est dans la tête. Le numéro 90 (juin) de Philosophie Magazine étaye l’affirmation dans un dossier très concret, constitué de témoignages, de conseils de grands philosophes et d’avancées médicales.
    Quant à moi, je vous souhaite de Partir en voyage, réel ou imaginaire, sur un air de musique, qui adoucit les mœurs et aére l’esprit.

    Puisque vous partez en voyage, Cette chanson, Floride : Photo Jean Rochefort, Sandrine Kiberlain Claude et sa fille la chante plusieurs fois dans Floride (sur les écrans le 12 août en Belgique et en France).

    Dans un prochain billet, je vous parle de coaching et cinéma, avec Eric, lecteur enthousiaste de mon livre. Il a quitté une carrière trop commerciale à son goût, la cinquantaine bien sonnée, pour épouser une occupation privilégiant l’humain. Santé, l'ami!

     

     

     

     

                                    
                         

     

     

     

     

     


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