•  

     208 grammes, Un brin de promotion 15x22 cm, 144 pages, il sent bon l’encre fraîche.

    Je palpe enfin  Le cinéma, une douce thérapie, un an après avoir adressé mon manuscrit à trois éditeurs. Je suis content d’appartenir désormais à la famille de Chronique sociale, un éditeur engagé, observateur et acteur des mouvements sociétaux depuis 1892.

    Il y a sept ans, je publiais  un premier opus, Zap l'écran, vive la vie ! chez Couleur livres, qui coédite régulièrement des ouvrages           avec mon éditeur actuel. Je remercie ces deux maisons d’avoir soutenu mes projets, Chronique sociale, en particulier,  qui a osé s’aventurer  sur le terrain novateur de la cinéma-thérapie.

    Le livre fini, relié, publié, constitue l’aboutissement de deux ans et demi de réflexion, de recherche, de formation, de conception, d’écriture et … d’attente. Sa vie commencera effectivement lorsque les lecteurs le choisiront. Mon émotion ne palpitera vraiment qu’à la rencontre du public. Trois libraires m’ont déjà invité à parler d’une démarche à la portée de chacun,  qu’il soit engagé ou non dans la relation d’aide,  qu’il soit spectateur occasionnel ou cinéphile invétéré.

    Actuellement, le livre dort dans le sas entre le distributeur/diffuseur et les points de vente. Deux semaines sont nécessaires pour assurer ce qu’on appelle « la mise en place » (13 mai) des exemplaires en France et en Belgique. La Suisse et le Québec seront pourvus  à la rentrée de septembre.

    Chez moi, le cinéma a toujours été une histoire de famille. Cette histoire m’a poussé à  inscrire  quand le septième art a éclairé  et animé notablement mon existence. Mon épouse Martine a conçu la couverture, invitation à accomplir le voyage «de soi à l’écran, de l’écran à soi.» Je lui exprime ma gratitude ainsi qu’à nos deux enfants, Laurent et Nathalie, premiers relecteurs (coriaces) d’un texte où ils apparaissent dans une  première partie ciné- biographique. N’ayez crainte, mon histoire filmée, un des six chapitres du livre, n’est là que pour vous encourager à composer votre récit filmique personnel. Cette partie biographique est parsemée de suggestions et de notions qui  vous aident à observer, à interpréter  et à parler des effets psychiques du cinéma sur l’être profond.

    D’autres essayistes interpellent le lecteur. Un livre

    m’est parvenu ces jours-ci, d’une connaissance perdue de vue depuis une dizaine d’années. L’essai de Patrick Artoan avait été envoyé à mon ancienne adresse et il s’est finalement frayé un chemin jusqu’à moi.

    L’auteur, philosophe et psychanalyste de formation, pose des questions à la fin de plusieurs chapitres.  Il invite le lecteur à répondre, à noter ses idées et réflexions subjectives. Ces écrits ajoutés pourraient-ils fournir la matière d’un nouveau livre ? Cet essai sur une approche inédite( dont je ne partage pas nécessairement les vues) de la relation entre  la femme et l’homme, comporte aussi d’importantes Annexes reprenant les passages ôtés du manuscrit original. Nous voici plongés dans les coulisses du livre. Cet ouvrage original n’a pas eu la chance de convaincre un éditeur largement diffusé. L’association Eínaï a pris le relais.J’ai informé l’auteur établi à Bordeaux  de l’existence en Belgique de l’initiative Chemin Alliance FH qui prône une relation entre les hommes et les femmes basée sur leurs puissances créatrices respectives plutôt que sur un rapport de force stérile. Et j’ai transmis la présentation de Un advenir humain à un membre de l’association belge. Peut-être le début d’une belle synergie.

    Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de ces recherches/actions sur l’avenir de l’homme et de la femme ensemble ?

    Parce que c’est un sujet d’une éternelle actualité.

    Parce que le cinéma a souvent exploré les facettes multiples du couple.  

    Parce que parmi les films toniques et inspirants racontés dans Le cinéma, une douce thérapie, six titres abordent les aléas, hauts et bas de la vie à deux.

    Voici en primeur les noms des six films repris sous le thème de l’engagement affectif.

     

    La Fabrique des sentiments     Beginners  Take This Waltz     Les Femmes du 6e étage

     

     

                                                 Un Heureux Événement      Rabbit Hole

     

    .

                                       Je vous laisse découvrir les autres thèmes sur les tables des libraires.

                                                A la prochaine, moins livresque et plus filmique, promis! 

     

                  Un premier atelier bruxellois aura lieu le 16 mai sur le thème de la maternité  

                                          Deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.

     

     


    4 commentaires
  •  

                Un premier atelier bruxellois aura lieu le 16 mai sur le thème de la maternité  

                                          Deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.

     

    La ligne claire était la meilleure option pour tourner une page de la sombre histoire de l’Allemagne nazie. Le labyrinthe du silence ne s’embarrasse d’aucunes fioritures en retraçant l’enquête d’un jeune procureur sur les bourreaux d’Auschwitz en 1958. L’instruction patiente et minutieuse du magistrat débutant débouchera sur un procès retentissant à Francfort dans un pays qui ne veut rien savoir des camps d’extermination. L’Allemagne entend épargner à ses enfants la révélation traumatisante de pères bourreaux. La honte ajoutée à l’ignominie serait insupportable. Alors tout le monde se tait. Les livres sur la Pologne disparaissent des bibliothèques, la justice ferme les yeux, le pays se concentre sur l’envol économique et des lendemains heureux.

     

                              Alexander Fehling interprète le jeune magistrat chargé de mener l'enquête sur des SS.


    Johann représente les trois courageux procureurs qui ont présidé à cinq années de recherche et d’auditions de témoins. Il a une haute idée de la justice, animé par la devise paternelle : Fais ce qui est juste. Johann empile les témoignages de rescapés d’Auschwitz. Ceux-ci hésitent à parler, parce que la réalité est innommable, parce qu’ils sont attachés à leur patrie, l’Allemagne, sourde à un passé immonde. Johann se démène avec une équipe réduite, encouragé par un supérieur juif, soutenu lui-même par un ministre de la justice conscient de l’importance d’un procès fondateur de la démocratie d’après guerre.

     

                                                    


    Johann plonge dans les 600.000 dossiers secrets confiés à l’archivage du vainqueur américain. Il déambule hébété entre les rayonnages vertigineux où repose la mémoire criminelle d’un pays qui incline à l’amnésie. 8.000 dossiers concernent Auschwitz. Son courage est mis à rude épreuve face à l’inertie de la police, l’isolement au sein de l’appareil judiciaire et la morgue de nazis détenant les rênes de l’économie. Mais les témoignages des ex-prisonniers sont accablants et bouleversants pour ceux qui les recueillent. L’émotion décuple l’ardeur mise à instruire un procès qui rendra un début d’honneur à l’Allemagne souillée par le génocide juif.


    La mise en scène minimaliste resserre l’attention du public sur l’enquête et le contexte de l’époque. Une romance entre Johann et la fille d’un nazi tourne court. La fille prend le parti du père. Il y eut des dilemmes cornéliens dans de nombreuses familles apparemment bien sous tous rapports. Giulio Ricciarelli réussit le pari d’un premier film sur un sujet épineux. Il a pu compter sur l’apport de Gerhard Wiese, un des trois procureurs toujours vivant. L’horreur de l’extermination est montrée pudiquement à travers les seules paroles des survivants. Dire, raconter, exprimer suffit à convaincre et à inscrire une réalité inimaginable.


    Les mots prennent un sens historique après avoir été détournés de leur sens sous la propagande nazi. Nicole Malinconi et Jean-Pierre Lebrun insistent sur une langue porteuse d’altérité. Cliquez pour voir l'image dans sa taille originale  Ils décodent le processus de nazification de la langue qui camoufle le génocide sous des termes purement fonctionnels. Un processus de déshumanisation qui fait du juif, un « traité », un « élément », une « pièce », acheminé vers les camps comme une marchandise. On parlait d’arrivage et non d’arrivant ; de parti en voyage et non de prisonnier ; de camp de concert et non de concentration…

    L’être est réduit à une chose. La réification du vivant nous pend toujours au nez dans une société qui intègre des termes économiques et informatiques au quotidien. Je pense notamment au verbe gérer mis à toutes les sauces, jusqu’à « gérer » des émotions. Et aussi booster, forwarder, coaching, training, flyer…, cool, super, extra…. Un mot et puis plus rien.


    L’immédiateté, l’urgence, aplatit les nuances et lisse les différences socio-professionnelles ou la différence tout court. On ne dit plus pauvres, mais exclus. Les chômeurs sont devenus des sans emploi. Les femmes de ménages sont promues techniciennes de surface. Les contrôleurs SNCB accompagnent les trains. Les parents disparaissent dans la parentalité. Comme s’il fallait estomper l’altérité inhérente à l’être humain, différence que les marchands s’emploient à dissoudre dans les canons du consumérisme effréné.
    La singularité est niée, pointée du doigt, rejetée… ou massacrée exterminée lors de génocides, d'animosités ethniques ou de divergences confessionnelles.

     

                                           Le Labyrinthe du silence : Photo Alexander Fehling, Johann von Bülow


    Le labyrinthe du silence est un film grand public, tous publics, à voir toutes affaires cessantes, en famille, entre amis, en classes pour amener de la parole là où un le silence mortel a tendance à s’incruster.

     

    J'ai déjà parlé de Tous les chats sont gris sur les écrans belges aujourd'hui


    votre commentaire
  • Il y a des périodes où je ne fréquente pas les salles obscures, trop pris par la clarté de journées bien remplies. Si, si, ça m’arrive. J’en traverse une actuellement. La dernière panne en date remonte à 1996-2001 lorsque l’apprentissage du métier de libraire indépendant absorbait l’essentiel de mon temps et de mon énergie. Cinq années d’intense labeur qui ont débouché sur un premier film de reprise édifiant. J’en parle dans mon livre « Le cinéma, une douce thérapie, qui, c’est officiel, prendra place sur les tables des librairies belges et françaises le 13 mai prochain.
    Lorsque je suis bien occupé, mes choix sont plus sélectifs dans mes choix. J’étais donc ravi de participer hier à la journée de projections du distributeur A-Film. Sept films  à portée de regard il était possible d’en voir trois sur la journée.


    Je vous parlerai avec enthousiasme d’un père bipolaire Daddy Cool

    qui élève ses deux filles dans Infinitely Polar Bear (sortie le 29 juin en Belgique et le 29 juillet 2015 en France sous le titre Daddy Cool).

                                     Kidnapping Mr. Heineken

    Ensuite, j’ai prisé aussi Kidnapping Mr Heineken (17 juin en BEL et le 3 juin en FR en DVD uniquement), le récit de l'enlèvement incroyable du magnat de la bière en 1982.


    Entre deux séances, un professeur de français me confiait sa déception après avoir vu Madame Bovary, librement inspiré du roman de Flaubert. Cette enseignante avait travaillé le texte six mois en classe et elle ne retrouvait pas grand’chose de l’esprit de l’époque.
    « Madame Bovary en société, les cheveux tombant sur les épaules, c’est aussi incongru qu’une fille qui sort nue dans la rue aujourd’hui. » Ce type d’anachronisme effarouche les puristes, évidemment. Une grande intimité avec l’œuvre écrite débouche inévitablement sur une déception à l’écran.


    Ainsi, j’ai pu visionner le rapt de Heineken avec un regard vierge, je n’avais aucun souvenir d’un événement qui avait défrayé la chronique aux Pays-Bas. Je me suis attaché à la psychologie de la bande de cinq amateurs

     

                                    Kidnapping Mr. Heineken : Photo qui a réussi un enlèvement culotté.                           Leur motivation était vénale mais il y avait aussi le refus d’une vie routinière. Un des cinq malfrats entend également régler ses comptes avec son père, un employé viré par le brasseur piédestal patronal.


    J’étais encore relativement dispos pour une soirée de Ciné-Gestalt en présence de la fondatrice Hélène Gallez et de Joseph Drese, fin connaisseur de Fisher King,

                         Fisher King : Le roi pêcheur le film phare du processus processus imaginal développé dans les Traversées animées                                                                       par le couple. Hélène et Joseph décrivent leur parcours dans mon livre.


                         J’étais curieux d’entendre la lecture et le décodage de la quête du Graal sous-jacente à la rencontre de Jack et Parry Fisher King que le duo chaleureux a déjà accompli en compagnie de quatorze groupes et bientôt un quinzième. Les « experts » de la symbolique ont été d’une grande discrétion et d’une retenue remarquable laissant les participants livrer leurs impressions et réflexions. Joseph prenait force notes comme s’il découvrait le film pour la première fois. Cela confirme que chaque nouvelle vision apporte de nouveaux éléments de perception, de pensées et d’analyse.


    Je tire mon chapeau aux pionniers du cinéma thérapeutique car je me vois mal aborder quinze fois le même film dans mes ateliers, même sous des angles nouveaux. Mais pour Joseph, Fisher King, c’est "son" atelier fétiche ; il a travaillé le  film dans ses cours de sciences sociales avant une première en couple en février 1993.

    Les échanges ont perduré tard dans la nuit. Je me prends à rêver de la multiplication de lieux de rencontre autour du cinéma, où la parole circule librement et légèrement. Histoire de prolonger le plaisir incomparable d'une projection passionnante et passionnée.

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Les ondes du premier atelier sur les fratries  continuent à voguer en vagues successives dans mon esprit. Un participant m’écrit qu’il serait peut-être utile d’organiser des post-ateliers pour approfondir des histoires amorcées et laissées en l’état. Cela me paraît une excellente idée, mais actuellement, je n’en suis qu’à balbutier une approche qui doit encore être affinée au fil d’expériences jamais identiques.


    J’ai souvent envie d’aider une personne à épaissir une histoire de vie alternative émergente après une conversation en binôme ou au détour d’un échange en groupe. L’atelier n’est pas le lieu d’un entretien individuel. Dès lors, nous nous contentons de souligner l’intérêt de sonder plus profond le récit original naissant à propos d’une relation fraternelle conflictuelle, d’une attitude figée ou d’une valeur négligée.


    La principale vertu reconnue aux trois premiers ateliers est de «faire du bien».


    Du bien, en l’occurrence, c’est libérer une parole souvent réprimée ou reportée. Le groupe offre un contenant accueillant, curieux (dans un sens altruiste) et respectueux. La confiance ouvre les esprits et les cœurs. Le travail en sous-groupe installe une intimité propice à la confidence. Chacun communique au groupe quelle part du récit de l’autre a résonné en lui, ce qui l’a touché, ce qui l’a étonné… Ces narrations subjectives éveillent la réflexion, invitent à reconsidérer sa propre histoire, écoutée avec les mots et les perceptions des écoutants/narrateurs. La personne "narrée" devient témoin de son récit. Elle prend du recul et libère ainsi un espace de créativité narrative.

               frere et soeur : Une querelle entre les enfants      frere et soeur : Deux frères Happy Together        frere et soeur : Garçon et fille peu avec des expressions très en colère    frere et soeur : Portrait d'adolescentes


    Les échanges particuliers et communs révèlent aussi le poids des prescrits éducatifs et sociaux, tous les « je devrais » et «il faudrait"  induits par les modèles dominants.L’ainé doit montrer l’exemple/ Un garçon ne pleure pas/Ce n’est pas bien de se mettre en colère…

    Une participante racontait que petite, quand elle était en colère, elle descendait  dans la cave et tapait des pieds contre les murs. Aujourd’hui, je suis plus calme, dit-elle. Si je suis en colère, je mets un beau morceau de musique et je danse.


    Une piste intéressante à suivre serait de repérer dans l’histoire de vie de cette personne les moments où elle a adressé sa colère à quelqu’un, exceptions à l’histoire dominante : je vis ma colère seule. Ces exceptions reliées entre elles tisseraient une version alternative à son attitude habituelle. Les exceptions sont remises à jour en réanimant le contexte, les circonstances et les personnes présentes lors de ces diversions à la posture dominante.

                                                         Grande famille heureuse - une mère et de nombreux enfants assis sur les escaliers à la maison. Famille concept. Banque d'images - 17641943         Un deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.


    Etrange et incompréhensible
    Des rencontres tempèrent régulièrement mon souci de pousser mes interlocuteurs à débusquer des exceptions potentielles. Récemment, je parle de l’atelier fratries au douzième enfant d’une famille de quatorze frères et sœurs. Je sais qu’il n’a quasiment plus de contacts avec eux, sinon via quelques neveux et nièces. Je lui demande de puiser un souvenir heureux et un moins heureux dans son album familial. Il parle abondamment des bons moments vécus dans une grande maison à la campagne. Il se tait.

    Je lui demande de qui il était le plus proche.
    - De l’ainée. Elle s’occupait de tous. C’était vraiment une mère pour nous.
    - Et vous ne la voyez plus ?
    - Non. Nous avons vécu des vies différentes. On s’est éloignées.
    - Et vous n’avez pas envie de la revoir ?
    - Non. Ni elle non plus. On se revoit aux enterrements. Elle 70 ans maintenant.
    Bizarre. Je me garde d’insister tout comme je ne reviens pas sur le mauvais souvenir éludé. J’apprendrai indirectement que mon narrateur occasionnel met uniquement les bons souvenirs en avant tellement les mauvais sont nombreux et douloureux.
    Priorité aux belles images d’une saga chahutée, une belle philosophie de vie qui semble lui convenir.

    A l’affiche (réelle et virtuelle)

    J’ai déjà parlé de L'année prochaine  L'année prochaine  qui sort le 22 avril en Belgique et le 24 juin en France.                   La cadence et le programme des sorties divergent de plus en plus entre les deux pays. Dix nouveautés en France, six en Belgique. Seul toile commune : Avengers, l’ère d’Ultron, une superproduction Marvel/Studios Disney.


    La semaine prochaine, je peux déjà annoncer  Le Labyrinthe du silence des deux côtés de la frontière. Le cinéma épouse l’actualité. Aujourd’hui commence en Allemagne le procès de l’ancien comptable du camp d'Auschwitz-Birkenau. En 1958, trois procureurs, sous l’égide d’un procureur général juif allemand, vont instruire courageusement le premier procès de l’Allemagne contre les bourreaux nazis. Deux ans d’instruction minutieuse, basée sur les témoignages de rescapés du camp d’extermination, aboutiront en 1960 à un réquisitoire implacable, établi contre vents et marées. J’y reviens la semaine prochaine.


    La tragédie de Lampedusa justifierait la reprise de Terraferma, Terraferma exemplatif de la capacité d’accueil  d’une famille de pêcheurs désargentés. Le peti-fils, le grand-père et la mère  hébergent une immigrée clandestine enceinte échouée sur une île sicilienne.

     

                                                La Pirogue : Photo


    Je pense également à La pirogue, récit d'une  traversée inimaginable d’une embarcation surchargée entre Dakar et les îles Canaries.


    Deux films qui matérialisent le calvaire des naufragés du désespoir dont on n’a qu’une vague idée en écoutant les trémolos médiatiques.

     


    votre commentaire

  • Trois aînés et un benjamin ont participé hier au premier atelier de ciné-thérapie sur les fratries. Au programme, In Her Shoes  portrait de deux sœurs ennemies, unies par le lien indéfectible de la sororité. 

              Maggy  In her shoes : Photo Cameron Diaz, Curtis Hanson a un physique de mannequin et apparemment                                                                                                un  pois chiche dans le crâne.

     

    Résultat de recherche d'images pour "in her shoes" Rose a un corps ingrat et bosse comme une malade dans un cabinet juridique.         

     

    Elles se brouillent sérieusement et se réconcilient sous l’égide d’une grand-mère revenue d’entre les bannis de la famille.

                                                                           

                                                                                               In her shoes : Photo Curtis Hanson, Shirley MacLaine

    Premier tour de table après la projection. Les préférences sont partagées entre les deux soeurs.


                                                        .Résultat de recherche d'images pour "in her shoes"

    « Elles sont complémentaires.»

    « Elles sont toutes les deux mal dans leur peau ».

    Maggy pétille, Rose assure. L’aînée a toujours veillé sur sa petite sœur Maggy.

    Deux participantes se retrouvent dans Rose. Toutes deux ont des rapports difficiles ou n’en n’ont plus avec leur frère. Un troisième aîné ajoute que « quand on est le premier, on n’a pas trop droit à l’erreur. On doit montrer l’exemple.» Selon divers psychologues, l’aîné est perfectionniste, aime l’ordre et a besoin de contrôler les situations. Lorsque l’intervalle est important entre un aîné et son cadet, le plus âgé endosse le rôle de parent de substitution si papa et maman sont défaillants.


    Les scènes marquantes avec les deux sœurs sont ensuite évoquées. La grosse dispute, les retrouvailles, la reconnexion à l’estime de soi chez Maggy émergent aisément. Déterminer les qualités et défauts de chacune s’avère plus épineux. Je renonce à poser la même question à propos des frères et sœurs réels, tant les situations apparaissent majoritairement conflictuelles après avoir été évoquées en groupe de deux. Le seul heureux en fratrie s’étonne des positions inflexibles des unes et de l’autre.


    Les participants repartent une deuxième fois en binômes pour raconter un bon et un moins bon souvenir vécu dans la fratrie. Deux affirment ne se rappeler d’aucun moment heureux. Une aînée se souvient d’une image de son frère jouant dans les feuilles d’automne volant en escadrille autour de lui.


    Les plus réfractaires finissent par recomposer des instants paisibles à force de répondre à mes questions multiples sur le contexte familial, sur les lieux de vie, sur les acteurs en présence... Ces questions à vocation explicative (le comment) et non causale (le pourquoi) stimulent la reviviscence de souvenirs bloqués par la dispute intra fraternelle. En thérapies narratives, le conflit équivaut à l’histoire dominante qui étouffe l’exception -un souvenir heureux-. Il s’agit d'amener la personne à parler d’une exception aux querelles fraternelles, de lui donner corps en la verbalisant au maximum afin de la raccrocher à une narration alternative de la relation houleuse.


    « Je me souviens que pour une fêtes des mères, nous avions réuni nos économies, mon frère et moi, pour offrir un cadeau à maman…»

    «… Oui, je vois encore le magasin et la dame au comptoir. Mais je ne sais plus si nous y sommes allés ensemble.

    -Et le cadeau, tu t’en souviens ?

    -Ah oui, dit-elle en riant, c’était un appareil pour couper les œufs durs. On devait avoir dans les 10-11 ans.


    Autre souvenir concédé du bout des lèvres par un benjamin en rupture récente avec ses quatre frères. « Oui, il y avait bien cette affinité avec un frère hélas décédé, plus artiste que les autres. On se téléphonait régulièrement et on mangeait ensemble. C’était ma belle-sœur qui poussait à nous rencontrer.»


    Je souligne que les souvenirs sont mobiles. Qu’ils peuvent se reconstituer et s’épaissir sous l’effet de narrations répétées à des publics différents. L’essentiel est dans la vérité du moment et non dans la restitution exacte des circonstances et événements qui composent le souvenir. On peut toujours se représenter ce qui a été, en formant dans son esprit l’image d’une réalité absente ou en évoquant une réalité passée. Représenter, au sens étymologique, signifie : rendre présent. Certains embelliront les souvenirs, d’autres les noirciront, selon l’humeur et l’interlocuteur en présence.

    Images fixes et animées
    L’atelier est entré dans sa dernière heure. Nouveauté, je donne à revoir trois séquences du film choisie en fonction d’un thème : meilleure estime de soi, affirmation de soi et réconciliation. Des détails inaperçus à la première vision retiennent l’attention. Chacun est invité à choisir sa séquence préférée et à commenter son choix.
    En finale, les valeureux participants sont invités à légender quatre photos du film ou à adresser une injonction aux personnes sur le cliché.

    In her shoes : Photo Cameron Diaz, Curtis Hanson, Toni Collette  

                                                                         In her shoes : Photo Cameron Diaz, Curtis Hanson, Shirley MacLaine, Toni Collette

    In her shoes : Photo Cameron Diaz, Curtis Hanson, Shirley MacLaine, Toni Collette             

                                                                         

    A votre tour de jouer, que ce soit hors contexte du film, ou en puisant dans vos souvenirs si vous connaissez les deux sœurs et compagnie.

    Il ressort des impressions recueillies après le suivi des deux consignes que les images fixes focalisent l’attention, alors qu’une séquence animée multiplie les approches possibles. Commenter une photo paraît plus facile.

    Une comparaison me vient. Il est également plus confortable de s’appuyer sur une histoire de vie dominante figée, servie habituellement à nous-même et aux autres, que de se frotter à la variété de versions d’une narration considérant aussi les moments d’exception, parties intégrantes de notre histoire de vie.

    La journée se termine sur un ultime tour de table.

    « Si j’avais vu que le thème de l’atelier était la fratrie, je ne serais certainement pas venue. Pourtant, ça m’a fait du bien, j’ai pu m’exprimer. Ecouter les autres, c’était bien aussi. »
    « Moi aussi, je me suis bien plu, même si j’ai évité de trop replonger dans une histoire difficile avec mon frère.»

    Un troisième ressenti exprime le tourment d’une journée vécue dans l’inconfort et le malaise. Néanmoins, la personne a participé loyalement à la plupart des activités, particulièrement impliquée dans les conversations en binômes. Une mauvaise nuit l’avait fait piquer du nez à plusieurs reprises pendant la projection. L’engagement au sein du groupe a probablement soutenu son maintien dans un atelier axé sur un objectif commun : clarifier des relations fraternelles compliquées.

    Selon Odile Bourguignon citée par Lisbeth von Benedek dans son étude des fratries,
    Le « fraternel » décrit une relation affective complexe, ambivalente, faite de bienveillance et d’empathie, d’amour et de haine.


                                 Cette complexité justifie amplement un deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.

                                     Un premier atelier bruxellois aura lieu le 16 mai sur le thème de la maternité  


    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique