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                                                                                                    Every Thing Will Be Fine : Photo James Franco

    L'oeuvre d'Andrew Wyeth  a inspiré Wim Wenders  dans la composition lumineuse et précise des cadres de son dernier film, d'une beauté picturale rare dans le cinéma actuel. Le cinéaste européen maîtrise parfaitement l'espace, la lumière et l’ellipse temporelle. Il compose douze tableaux, tournés avec une caméra 3D intime, ce qui accentue l’intensité des décors et des personnages.

                                                                                       Every Thing Will Be Fine


    L'histoire de Tomas se décline sur douze années symbolisées par quatre saisons conférant chacune sa tonalité à son évolution après un accident de voiture dramatique. La mort de l’enfant a lieu en hiver, dans une semi pénombre, les sens assourdis sous un épais tapis de neige. Nous sommes dans Les Laurentides au Québec, la route de Tomas a été déviée. Un enfant sur un traîneau se jette sous ses roues.


    L'écrivain revient sur les lieux deux ans après. L'automne a paré l'endroit maudit de couleurs chaudes. Tomas a recommencé à écrire, l'inspiration est revenue. Sa lente sortie du traumatisme a nourri son troisième roman. L'accident a été un tournant bénéfique, en tout cas, pour lui, pas pour la mère et le frère de la victime.

                                                                    Every Thing Will Be Fine : Photo Charlotte Gainsbourg, James Franco


                                                                 Les destins se mêlent et confrontent leurs interrogations.

    Chacun réagit singulièrement au traumatisme.Christian Lachal  note que l’événement traumatique occasionne un vécu marqué par des sentiments tels que la peur, l’impuissance, l’horreur. Le traumatisme, éprouvé dans sa sa réalité, devient ensuite un phénomène immatériel. Le thérapeute s’applique dès lors à cerner les représentations apparaissant lors du récit des circonstances du trauma. Des représentations émergent tant chez le patient que chez le soignant sous l’effet de la narration détaillée du traumatisme.


    André Grégoire prône au contraire une approche décentrée du trauma. Il n’insiste pas sur l’événement traumatique; il évite de replonger la personne dans le stress. Il aide plutôt à identifier les réflexes-ressources que la personne a actionnés pour traverser une situation terrible : courage, force morale, altruisme…


    Un troisième point de vue considère que ce n’est jamais le réel seul, aussi atroce soit-il, qui est traumatisant. Pour qu’il y ait traumatisme, estime Patrick Declerck :


    « il faut la rencontre entre un fait, quel qu’il soit, et un psychisme particulièrement sensible à ce fait-là. Le fait en soi ne sera que potentiellement traumatogène. Le traumatisme, lui, est entièrement du côté du psychique.»


    Un événement apparemment banal peut s’avérer traumatique s’il est vécu subjectivement comme tel. Après l’accident, Tomas est accablé et noué par la culpabilité. Et en même temps, il retrouve l’inspiration. Il écrit et cicatrise. Il puise dans l’expérience du traumatisme la matière d’un roman différent de son écriture passée.


    Le frère de l’enfant décédé reproche cet emprunt à l’écrivain.

    Christopher  Every Thing Will Be Fine : Photo Robert Naylor vit la réussite de Tomas comme une injustice. C’est un adolescent turbulent qui cherche un exutoire à un deuil inaccompli. Sa mère a de plus en plus de mal à le dessiner. Kate affronte seule la perte de son enfant, elle s’appuie sur sa foi et sollicite ponctuellement Tomas soucieux de faire quelque chose pour réparer l’irréparable.

    Tomas souffre en silence. Sa compagne lui reproche son mutisme, son absence d’émotion visible.

                                              "Chacun vit les crises à sa façon," répond le romancier à succès.


    Wenders observe les comportements face au drame. Il questionne aussi l’alchimie entre expérience personnelle et imagination à l’œuvre dans la création artistique. Il dessine les issues possibles aux pannes d’inspiration, d’envie, d’amour. Ce grand réalisateur assume la durée de plans en temps réel donnant au regard l’occasion de s’attarder et de traduire l’image.
    Je me suis régalé, dans un plaisir visuel et...

                                  Every Thing Will Be Fine : Photo James Franco   

     

    ... auditif. Alexandre Desplat signe une partition symphonique et discrète à la fois, indicative de l’évolution des personnages d’une époque à l’autre d’une vie scindée en trois époques.


    Le film sort sur les écrans belges le 29 juillet. Le public français l’a découvert le 22 avril dernier.


    J’ai eu le bonheur hier de vivre une deuxième belle séance. Le monde de Nathan est sorti le 10 juin en France. J’en parlerai abondamment le 19 août lors de sa sortie belge. Il s’agit encore d’une sortie de traumatisme. La belle histoire d’un garçon qui apprend à aimer et risque de quitter sa zone de confort et de sécurité pour vivre pleinement ses émotions.

    Le monde de Nathan Nathan a un trouble cognitif comportemental, une forme d’autisme. Côté positif, c’est un génie des maths. Ce don lui ouvre des portes. Morgan Matthews élabore une fiction émouvante au départ d’un précédent documentaire sur les Olympiades de mathématiques, « un monde fascinant avec des personnes merveilleuses.»


    Pour la petite histoire, la rédaction de cet article a été interrompue par mon premier appel sur Skype installé il y a deux jours à la demande d’un vieil ami en poste dans la Corne de l’Afrique. Nous avons conversé en face-à face virtuel durant 50 minutes. Prodigieux ! Je suis conquis.

            Je vous souhaite de belles toiles comme celles d’hier et de belles conversations avec vos proches lointains.


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  •                                                                                                                                                                                  

     

    Une réplique retient mon attention durant la vision de presse d’Ant’Man (15 juillet sur les écrans).
    « Tu dois te vider l’esprit pour rendre tes pensées précises et parler clairement.»


    Je pense sur le champ à une phrase lue le matin :
    « Je suis devenu psychanalyste pour que se fasse au moins un peu silence à l’intérieur de moi-même.»


    Singulière connexion entre le dernier Marvel-Disney et Patrick Declerck.

                                                             

    Le film grand public et les souvenirs d’enfance de l’écrivain psychanalyste soulignent les vertus du retour au calme.
    Faire le vide, faire silence en soi, laisser place à ce qui vient du plus profond, à l’énoncé clair d’une pensée, d’une idée.


    Un ami ponctue de blancs, de mini-silences, le récit de sa vie entamé sur le chemin nous menant à la projection de l’excellent Ant-Man. Il interrompt sa narration à plusieurs reprises. Il reprend le fil de sa mémoire, il reconstitue l’enchaînement précis des péripéties tumultueuses de son enfance et de son adolescence. Le récit bien lancé s’épaissit chemin faisant. Roger remonte le film de sa vie, les souvenirs se précisent.

    «Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça. Je ne te dérange au moins ?

    J’écoute la fin de son histoire incroyable assis dans les fauteuils confortables de la salle. Roger se tait. Il a condensé sa vie sans émotion apparente comme s’il avait digéré et assimilé une période assez noire de son existence. Roger a rencontré les bonnes personnes aux mauvais moments, il a armé une résilience innée, me semble-t-il.


    Après le film, il me dira encore qu’il a grandi dans l’univers Marvel. Il prélevait dans le porte-monnaie de sa mère l’argent nécessaire à l’achat de Comic Books.
    « Je voulais devenir un super-héros, Spider-Man, Les Avengers, Thor… c’était ma façon de m’évader d’un monde pénible.»
    J’apprécie énormément ces moments exceptionnels où quelqu’un me fait le cadeau d’un récit de vie impromptu. Reparler d’événements douloureux longtemps après leur survenance les allège souvent d’un poids conscient ou inconscient.Patrick Declerck relate aussi des souvenirs familiaux dans un livre qui mêle autobiographie et clinique analytique. Son style truculent, sa franchise, son humour atténuent la gravité de situations lourdes et désespérantes, vécues par lui ou dépliées par ses analysants.


    « Au fond, on ne se débarrasse jamais de rien. Mais pouvoir reconnaître, lorsqu’ils nous effleurent de leur haleine fétide, la nature de nos fantômes, est déjà une manière de leur rire au nez. Il faut parfois se résoudre à ce que cela suffise.»


    Impliquer nos fantômes dans une narration chaque fois différente, permet de les démystifier, de diminuer leur emprise sur notre être au monde. Nos histoires nouvelles, qu’elles soient adressées à un professionnel, à un ami ou à un inconnu, façonnent une nouvelle identité narrative, souvent figée par des introjections parentales, sociales ou professionnelles. Cette imprégnation de modèles est insidieuse et précoce, comme justement décrit par Patrick Declerck :


    «Le monde auquel l’enfant s’éveille est toujours ainsi déjà pré-représenté, pré-interprété, préfabriqué. Il lui faudra surmonter enfance et adolescence, si toutefois il y arrive un jour, pour émerger de cette gangue et se forger, en tâtonnant, son propre jugement.»


    Et si nous n’étions pas vraiment ce que nous avons l'air ? Nous sommes parfaitement capables de composer un air différent en racontant les moments où nous avons délaissé les sentiers rebattus de note identité habituelle, confortable pour soi et les autres. Moments d’exception où nous étions en phase avec nos valeurs, nos espoirs et nos rêves.
    Si nous sondons notre mémoire, nous voyons ces coups de canif à l’histoire dominante sont plus nombreux que nous ne croyons. En reliant les moments d’exception, une histoire alternative émerge qui déconstruit le récit dominant. Reste à choisir une version préférée et à la vivre pleinement.
    Scott,Ant-Man : Affiche le super-héros de Ant-Man changer sa vie de voleur à la petite semaine. Une petite le motive.

    Cassie  Ant-Man : Photo Abby Ryder Fortson aime son papa, mais se demande s’il est bon ou méchant.

    Le docteur Pym,     Ant-Man : Photo Michael Douglas lui aussi père, l’aide à se reconvertir. Le savant a inventé un procédé qui rétrécit les êtres.

    Sa grande fille Ant-Man : Photo Evangeline Lilly, Michael Douglas lui bat froid.

    Les pères contrits s’allient et combattent le fils spirituel, assoiffé de vengeance après avoir été rejeté par Pym.
    Même une superbe superproduction joue avec les archétypes familiaux. Cette facette psychologique est développée dans une première partie plutôt calme, prélude consistant à un final endiablé, où les effets spéciaux ont mis les petits dans les grands. A coup sûr, le grand film divertissement de l’été.


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                                                 Prochain atelier de ciné-thérapie le 21 août à Namur         

     

    Ce matin, je sifflote en boucle le thème des Aventuriers, une des musiques de film sélectionnée en fil rouge d’une émission enregistrée hier. J’ai retrouvé les sensations du média chaud et souple qu’est la radio, éprouvées lorsque j’étais journaliste à la RTBF. Pascale Vanlerberghe, animatrice- conceptrice de La séance de 19 heures était au diapason de mes bandes originales.Cette résonance a installé le climat d’une belle heure d’antenne diffusée le 12 septembre, à 18 heures sur  Musiq3 (Oui, la grille des programmes change encore à la rentrée).    

                                 La résonance d’une musique, d’un texte, d’un récit survient souvent lors d’une rencontre.

    Subitement, un élément précis attire votre attention, vous rappelle un souvenir, fait naître des images issues de votre histoire personnelle. Exprimer cette résonance à votre interlocuteur, amplifie la connivence naissante de la rencontre. Une séquence des Aventuriers est inscrite dans ma mémoire, celle où Manu (Alain Delon) et Roland (Lino Ventura) Lino immerge le corps de Laetitia ( Joanna Shimkus) au fond de l’océan sur une partition mélancolique et douce de François de Roubaix.


    J’ai cru me souvenir du nom de la chanteuse qui accompagnait L'enterrement sous-marin. Je me suis trompé. J’ai nommé Danielle Licari alors qu’il s’agissait de Christiane Legrand. J’ai creusé la connexion que mon cerveau avait établie. Il se fait que les deux timbres de voix se ressemblent et que la chanson du film a des tonalités jumelles avec le Concerto pour une voix de Saint Preux, chanté par Danielle Licari.


    Le cerveau est prodigieux. Il enregistre même nos associations erronées et nous les ressert sous le coup de l’émotion. En évoquant cette séquence, j’ai repris la vibration vécue en 1967 et ressorti l’information fausse, jaillie du tréfonds de ma mémoire, persuadé d’avoir trouvé le nom qui m’échappait depuis si longtemps.

                                  Il en va ainsi des souvenirs. Chaque fois que nous les sollicitons, nous les reconstituons. Nous nous rappelons davantage du dernier souvenir de l’événement que de l’événement lui-même. Plus nous racontons  ou ressassons un souvenir, plus nous renforçons  son importance, au risque certain de le déformer. La mémoire est dynamique et impressionniste, autant savoir.


    Le récit de mes souvenirs filmiques a remué la mémoire de Pascale. Pascale Vanlerberghe  - Jean-Yves Limet © Je  la voyais puiser en elle et se remémorer les films marquants de son enfance et de sa vie d’adulte, animée par les plages musicales qui entrecoupaient l’interview. Il y eut quelques silences où nous étions chacun fugacement avec nos figures anciennes. Ce fond nourrissait la parole. Du fond à la figure, du fond à la figure, la séquence de contact était bouclée, selon la Gestalt.


    Des séquences de films s’inscrivent en nous de manière prégnante, selon un processus de sélection des formes significatives, bouleversantes ou stimulantes. Plusieurs critères organisent le choix : la similitude de vécu avec la situation représentée, l’intérêt pour le thème ou la motivation qui nous pousse dans la salle de projection.


    La figure retenue (plan, scène ou séquence) ne produit pas nécessairement du sens sur le moment. La signification apparaîtra après décantation à court ou à très long terme. Pascale me confiait n’avoir saisi la portée d’un de ses films préférés que des années après

    l’avoir vu.    

    Nous remontons un film, le nôtre, avec nos mots et ceux des autres. Nous communiquons notre joie et notre conviction d’avoir touché à l’universel, emportés dans un enthousiasme prosélyte. Le cinéma s’appuie sur le fait que nous communiquons réciproquement, publiquement, quelque chose qui bouge intérieurement. (Chiara Mangiarotti, Lacan regarde le cinéma, le cinéma regarde Lacan, École de la Cause freudienne, 2011).


    Le cinéma est un réservoir inépuisable de sensations, de sens, d’émotions et de rêve, vérité confirmée au fil des rencontres riches et variées à propos de mon livre.

    J'ai déjà parlé de musiques de film ici et


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  •                                                     Lecture TGV/Bipolarité/ Version restaurée/Référencement

     

    Ecrire sur Internet, c’est cultiver la simplicité.
    Le lecteur d’écran scanne le texte, il ne lit pas en profondeur.
    Il lit 25% moins vite que sur papier. Il est tenté de zapper à la moindre difficulté de lecture.


    Il est donc recommandé
    d’écrire moins long,
    de taper des phrases courtes,
    d’aligner des mots simples.
    Je lis ces conseils judicieux dans un excellent numéro hors-hérie de Politis (introuvable en Belgique), consacré à l’avenir de la presse. Numérique et virtuel transforment le journalisme et bousculent les habitudes de lecture. L’information est immédiate, mobile, personnalisée.


    53% des Français ont un téléphone intelligent. Les Belges sont bien équipés aussi mais lisent moins sur mobile que les Français (32% de lecture en ligne). Le temps de l’information est devenu beaucoup plus court et plus dense, souligne Franck Annese, le patron de So Press, sur la même ligne qu’Eric Fottorino, fondateur du Un. Son journal se déplie comme une affiche : « devant un poster, on a quelque chose que l’écran n’offre pas.»


    Je pense toujours à écrire clairement, pas toujours simplement. Je refuse le format ultra-court, j’essaie de proposer des contenus  singuliers, justifiant un plus long arrêt sur écran.

     

    Psychopathocool Je change de lecture dans le TGV qui me ramène au pays. Je lis une interview de Mark Ruffalo, père maniaco-dépressif dans Daddy Cool qui sort le 8 juillet sur les écrans belges et français. L’acteur américain s’est identifié au personnage. Il a grandi dans un entourage bipolaire.

                                             Mark Ruffalo
    «Il a fallu parfois vingt ans pour diagnostiquer mes proches. Ce fut difficile, mais ils n’ont pas lâché. Le quotidien est devenu surmontable à partir du moment où ils ont appris à gérer les crises. Le trouble varie d’un individu à l’autre et forge l’identité. 6% des Américains sont bipolaires avec alcoolisme à la clef.»


    En Daddy Cool, Cameron accepte de suivre un traitement après dix ans infernaux. Sa femme le quitte avec leurs deux filles. L’occasion lui est donnée de les reconquérir en assumant la garde des enfants tandis que l’épouse reprend des études.

                                                                 Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo
    Papa ne ferait jamais de mal à une mouche, mais il est terriblement excentrique, fantasque et fumeur invétéré. Cameron assure vaille que vaille, stimulé par l’enjeu de refonder une famille. Amelia et Faith adorent leur père et lui donnent un fameux coup de pouce.
    Papa et ses deux filles constituent un trio formidable, naturels autant dans le drame que dans la comédie. Maya Forbes puise dans ses souvenirs d'enfance et conforte le penchant de Mark Ruffalo pour les personnages affolés et affolants.

     

    Il était  déjà épatant  dans Thanks For Sharing, Sex Therapy devenu Sex Therapy, jamais diffusé en France et enfin disponible en DVD le 15 juillet prochain. Ne manquez pas ce petit bijou et laissez-vous charmer par ce papa gâteau, profondément rebelle et humaniste, conducteur d’une Citroën DS, très incongrue aux States dans les années 70.


    Maya ForbesPictures & Photos of Maya Forbes Poster et Stuart Blumberg  sont des auteurs à suivre. Ils dédramatisent les étiquettes rapidement collées aux individus échappant à la norme. Je pense à « bipolaire », « hyperactif », « haut potentiel », par ex., voire burn-out, terminologie confortable pour cantonner des personnalités détonantes dans une société maladivement anxieuse.


    Une grand-mère me parlait récemment de son petit-fils de dix mois, sorti indemne d’une batterie d’examens.Tout au plus avait-on relevé des signes d’hyperactivité… à cet âge avancé, c’est plutôt bon signe non ? Si la psychopathologie vous intéresse,

    je vous suggère de consulter La psychopathologie en 16 fichesDaddy Cool : Photo Mark Ruffalo

    Référencement J'aurais pu poster uniquement le chapeau de cet article et compléter ensuite pour être le premier à parler de Daddy Cool. Un grand moteur de recherche aurait apprécié les modifications rédactionnelles ultérieures, les considérant comme des mises à jour et donc comme un critère de pertinence supplémentaire. Une information de source Politis encore. L’en-tête (chapeau) est très utile au référencement. La course au référencement altère la qualité rédactionnelle, chacun cherchant le mot qui fera mouche au détriment de la singularité.

    Version restaurée.Je suis à 4000 signes. Il est contre indiqué de dépasser le 4.500 pour un papier en ligne. Et je n’ai pas encore mon titre du jour. Un mot encore d’une reprise retravaillée pour le grand écran de Nos meilleures années,La meglio gioventu, saga familiale qui brasse quarante d’histoire de l’Italie, de 1966 à nous jours.Deux frères, plusieurs amours, des destins divergents. Matteo rentre à la police, Nicola épouse l’anti-psychiatrie. Brigades rouges, mafia, Mamma, six heures et vingt minutes captivantes. Nos meilleures années                         Arrivederci!

     


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  • Je vous livre avec peu de liens hypertexte et illustrations, étant limité dans mes ressorts informatiques, une ambiance d'Aix-en-Provence où je réside en formation aux thérapies narratives.

    J'ai calé hier soir au seuil du Mazarine, salle d'art et essai locale qui diffusait Victoria. Des spectateurs au sortir de la projection,ont renforcé mes réticences à voir un film pour sa seule prouesse technique, tourné en une seule prise de 140 minutes. En fait, il y aurait trois prises. Qu'importe, c'est un réel tour de force. C'est insuffisant pour créer une réelle envie. Ou devrais-je dire que je ne suis pas d'humeur à voir ce film maintenant.

    Un lecteur enthousiaste de mon livre, Le cinéma, une douce thérapie, me disait ne plus aimer La Terrasse, d'Ettore Scola qu'il avait adoré en 1980 et repoussé après l'avoir vu récemment. La Terrasse

    Rien d'étonnant. Ce bilan existentiel pessimiste n'était pas en phase avec l'état d'esprit de mon interlocuteur, en pleine reconversion professionnelle, débordant d'énergie et passionné.

    Un peu dans le même état d'esprit, je fuis un cinéma qui pourrait altérer un moral au beau fixe. Donc, je reporte Victoria.

    Nous avons nos visions intimes, dominées par notre histoire personnelle, notre milieu social, notre tempérament, nos préoccupations de l'heure. Nous attribuons un objectif particulier à la séance, déterminé par l'humeur du moment. Nous montons ou descendons la gamme des émotions à notre guise.

    Si vous n'y avez jamais prêté attention, observez la façon dont vous vivez un film au cinéma :

    Regardez-vous passivement un film ou y a-t-il interaction entre l’écran et vous?

    Etes–vous en immersion immédiate ou progressive ?

    Perdez-vous le fil ou restez-vous concentré? Ruptures ou contact continu ?

    Ressentez-vous des sensations corporelles (agitation, maux de tête, tension, détente, assoupissement…) ?

    Sur quoi ou sur qui êtes-vous centré(personnages, décor, musique...)

    Ces questions, je les poserai probablement aux lecteurs de la Librairie Goulard où je signe mon livre aujourd'hui. La rencontre avec les lecteurs est la récompense incommensurable de l'essayiste solitaire. Je ne m'en lasse pas.

     

     

     

     

     

     


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