•   

     

     

      J'étais un des 22 millions de passagers de l'aéroport de Bruxelles. J'étais en colère après les formalités d'embarquement. Deux films

    me sont venus  à l'esprit : Le terminal  Le Terminal et  Tombés du ciel Tombés du ciel

    En colère contre un dispositif automatisé où le passager enregistre lui-même sa personne et son bagage (deuxième file d'attente). Personne n'a pu m'expliquer pourquoi ces deux opérations jadis groupées au comptoir d'enregistrement, effectuées par un être parlant, était maintenant dissociées et automatisées. Personne non plus pour me dire les conséquences d'une étiquette mal collée à un bagage. A qui incombe la responsabilité d'un bagage perdu si le bandeau se détache de la poignée ? Question incongrue à une heure de pointe.

    -Monsieur, adressez-vous au manager. Et vous avez une vidéo de démonstration. C'est enfantin.

    -Bien. Et pour les personnes âgées, qui ne parviennent pas à poser leur valise sur la bande de roulement?

    -Monsieur, si vous avez des plaintes, adressez-vous au manager!

    tombes-du-ciel-1993-03-g.jpg Je n'ai évidemment jamais trouvé le manager à l'endroit indiqué.                        Vous me direz que j'aurais pu acheter mon billet en ligne. J'aurais au moins évité une étape. J''ai toujours privilégié le contact direct et personnalisé. J'imagine ralentir l'érosion de l'emploi en préférant traiter avec une personne plutôt qu'avec une machine. J'ai dû déchanter. L'automatisation progresse à marche forcée dans l'indifférence générale. Dès que les gens seront bien rodés à l'enregistrement automatisé, je crains que la poignée d'agents encore affectée à la fluidité des opérations, identifiable au dos barré de May I Help You ? ne disparaisse.

    L'argument massue du gain de temps ne tient pas le vol un instant. Les files et la cohue s'installent devant les bornes. La procédure d'embarquement est plus longue. Ajoutez les contrôles de sécurité renforcés, le temps cumulé monte à une heure, soit une douzaine de minutes de plus qu'à l'époque de l'enregistrement par une personne qualifiée.

                                                     

    Cette filière personnalisée existe toujours à condition de payer plus cher.  Débourser plus pour plus de service. Ceux qui ont les moyens évitent les files, ont droit à un interlocuteur et ignorent la piétaille qui piétine devant les bornes anonymes. Chacun pour soi, heureux les riches et les agiles en terminaux en tous genres. Moche !

    En plus, l'enregistrement nous avait attribué des sièges distants à mon épouse et moi. Les benêts, réfractaires à l'achat électronique doivent se contenter des sièges restants. Bref, on nous pousse vers la filière électronique et la compression de l'emploi. Il est vrai que moyennant un supplément, on peut choisir sa place dans l'avion. Donc j'affine, on nous pousse vers la déshumanisation et les services payants.

    Ma colère est tombée en écoutant la conversation entre deux managers d'IBM derrière moi dans la file d'attente aux portiques de sécurité. Ces deux cadres quinquagénaires comparaient l'évolution des conditions de travail sur quelques années :

                                                                             IBM – Bangalore (India) – Postedon Jul 12, 2012

    "Plus d'agressivité, plus de stress, tout cela pour moins de performance. Chacun de son côté, alors qu'on est plus fort ensemble." Je buvais du petit lait.

    Comprenez bien que je suis ouvert au progrès mais un progrès pensé (voir sur sujet le billet d'Argoul sur la fin du livre?), pour le bien de tous et non pour le profit de quelques uns. Les  marchands de technologie nous promettent de beaux jours. Mais à quel prix, matériel et horaire. Le temps de vol vers ma destination était d'une heure 40'. L'avion a décollé avec quarante minutes de retard, plus deux heures de présence avant le vol. Soit quasiment le double du séjour en l'air.

    Harmut Rosa observe que des "processus qui ont subi une accélération intense rencontrent des systèmes rétrogrades: ce qui peut aller plus vite est toujours freiné ou retenu par ce qui va plus lentement. Cette désynchronisation peut conduire (temporairement) à

    des ralentissements massifs." (Accélération, p.110) Par exemple, lorsqu'un moteur de recherche ne livre ses résultats qu'avec une lenteur exaspérante, dépassant le créneau d'attention de trois secondes considéré comme admissible dans une conversation. A plus large échelle, les embouteillages désynchronisent considérablement.

    Ce 1er février, la SNCB introduit son "tarif à bord" qui vaudra pour ... J'ai  moi-même été désynchronisé hier soir. Pressé par le temps, une file devant le guichet,       je me rabats sur l'achat automatisé d'un billet de train.L'opération échoue par deux fois, la machine refusant de reconnaître ma carte de paiement. Tant pis, je me rue sur le quai et j'avertis la chef de train. Je lui explique la situation et demande à pouvoir acheter un billet à bord.

    -C'est possible me dit-elle, mais vous devrez acquitter un supplément de sept euros. Et je ne peux rien faire, le montant est  encodé sur l'appareil, impossible de changer.

    Elle réapparaît à mi-chemin du parcours, un petit sourire aux lèvres et imprime un billet sur une distance plus courte. Je n'ai payé qu'un petit euro de supplément. Cette belle victoire sur le formatage machinal incite à s'envoyer en l'air.

     

     


    votre commentaire
  •          http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/15/07/16/16/16/188342.jpg Marguerite chante faux avec grandeur et beauté.

     

     

    Sa vie entière est vouée à la musique. La baronne collectionne décors, accessoires, costumes et partitions d’opéra. Sa voix, trop particulière, ne sort que devant un cercle d’intimes. Marguerite attend toujours son mari avant de commencer son récital  "divinement, sublimement, sauvagement faux.»


    Ces derniers temps, Georges arrive souvent en retard. Il n’en peut plus d’une vie dissonante, honteux des pitoyables représentations

    de sa moitié. ... Films / France 3 Cinéma / Sirena Film / Scope Pictures Marguerite - Qu’est-ce qui lui prend de beugler ainsi, confie-t-il à                      sa maîtresse.


    Que leur prend-il, à ces spectateurs effarés et ricaneurs de conforter la fausse cantatrice dans l’illusion d’un talent « travaillé » cinq heures par jour. Les milieux huppés dans lesquels Marguerite évolue érigent l’hypocrisie et la couardise en vertus cardinales. D’ailleurs si la diva excentrique n’était fortunée, son rêve serait mort-né.


    Marguerite peut également compter sur le soutien indéfectible et discret de son majordome. L’ange noir orchestre le destin de sa patronne dans les moindres détails. Il brûle les montagnes de roses blanches (achetées par Monsieur et prétendument offertes par des admirateurs) et accumule les clichés de Madame. Il fixe la beauté et dissout le mensonge.


    Marguerite est-elle vraiment dupe ? Ne se ment-elle pas à elle-même pour supporter le vide affectif d’un mariage bancal ?
    - Elle m’a épousé pour mon titre, pense le baron désargenté.

    Marguerite entend lui prouver le contraire. Elle chante son amour avec générosité, pureté et incroyablement faux. Elle va jusqu’au bout de son rêve –ses moyens le permettent-et rêve d’un accord parfait qui tarde à se faire entendre.


    Marguerite compose son roman existentiel, note après note, comme certains se composent un roman familial. La musique emplit sa vie, la rend estimable et supportable. La femme amoureuse chante de tout son être pour exister dans le regard de son homme. Les grands airs du répertoire dressent un rempart contre son désespoir d’être si peu aimée, d’être une épouse potiche dans le Paris des années vingt. Un vent de liberté et de folie souffle sur l’après-guerre. Marguerite enjouée veut changer sa vie et pousse ses amis à accomplir leurs rêves.


    Ce film trop long, trop ambitieux m’a tenu par la personnalité étrange d’une femme qui a réellement existé.   

    Florence Foster Jenkins Florence Foster Jenkins picture a sévi entre 1920 et 1940 aux Etats-Unis.

    Catherine Frot  ... Films / France 3 Cinéma / Sirena Film / Scope Pictures Marguerite renaît après trois ans d’absence dans le rôle marquant d’un personnage pathétique et insondable. Pour elle, pour la mise en scène d’époque et pour l’énigme d’une vie surjouée, je donne ma voix à Marguerite. (Sur les écrans le 16 septembre)


    Knight of cups
    Très ambitieux aussi et largement improvisé, le dernier Malick déçoit fameusement. Un scénariste à Hollywood s’interroge sur le sens d’une vie qui n’est pas la sienne. Des images  étourdissantes camouflent la panne d’inspiration, le vide d’une pensée sur tapis après une vingtaine de minutes.

                        Knight of Cups Le cinéaste septuagénaire promène le public à sa guise. Je n’ai absolument rien ressenti (au contraire d’un ("fan" du film) sinon de l’agacement face à une virtuosité gratuite et creuse. Depuis Tree Of Life, Malick semble pris d’une frénésie de tournages, pressé de livrer sa vision de l’existence avant de faire le grand saut. (Sortie en Belgique le 16/9 et le 25.11 en France).


    Une famille à louer
    En finale de cette chronique en quête de sens, un mot gentil sur le sympathique tandem belge

    Une famille à louer : Photo Benoît Poelvoorde, Virginie Efira d’un conte sentimental écrit par des amoureux. Murielle Magellan Murielle Magellan et Jean-Pierre Améris ont eu l’idée de raconter leur rencontre (sur les écrans depuis le 19 août). Probablement euphoriques, ils désamorcent rapidement les embûches posées sur la route d’une romance irrépressible : différence sociale, d’âge, de tempérament. Mais bon, les spectateurs présents dans la salle étaient satisfaits. Benoît et Virginie ont convaincu (presque jusqu’au bout) et on a ri plusieurs fois. Et puis, Poelvoorde (pardon Paul-André) est tellement émouvant lorsqu’il montre ses failles. Le personnage déprimé et anxieux ressemble à l’acteur et au

    réalisateur, comme l’explique Jean-Pierre Améris .


    « Paul-André nous ressemble à tous les deux : la maniaquerie, le fait d’arriver à la cinquantaine sans avoir d’enfants à soi, et ce double mouvement entre la peur et l’envie de se lier aux autres. Benoît fait passer tout cela par la comédie, par la tendresse, et je l’admire pour cela. C’est dur d’être léger. La légèreté n’est pas ma tendance naturelle, mais j’y travaille, autant dans la vie que dans mes films !"


                                                                          Allez, allégeons, allégeons…

                                                                        Allegrissimo.

     


    2 commentaires
  • Elles sont revenues toutes les trois participer au cinquième atelier de ciné-thérapie, renommé Cinémouvance, le dernier sur les relations fraternelles.


    L’une m’avait dit revenir un peu malgré elle. Elle n’avait pas trop aimé le film (Saint-Jacques... La Mecque) vu il y a quelques années. Mais elle voulait poursuivre l’exploration d’une rupture de vingt ans avec ses frères. Elle suivait le mouvement imprimé lors du précédent atelier où les participantes s’étaient trouvées et avaient créé du lien.

     


    Une deuxième a froncé les sourcils en reconnaissant un film déjà vu comme une farce. La troisième découvrait ce pèlerinage singulier et a applaudi à la fin. Elle avait été « touchée au cœur.» Celle qui était réticente avait pleuré : « probablement que la première fois, j’avais bloqué mes émotions. »


    Les trois ont été conquises et émues par le groupe de marcheurs, par leur transformation progressive, un pied devant l’autre, les pieds sur terre, contraints de cheminer ensemble pendant deux mois. Et quand il a fallu désigner la personne préférée avec qui on aimerait faire le voyage, aucune ne primait ; le groupe entier a été adoubé à l’unanimité. L’enthousiasme était général pour ce bloc devenu solidaire au fil des jours marchés durant sept heures, des nuits dans des refuges sommaires. Et un regret de s’exprimer « qu’il n’y ait pas plus de moments où le collectif l’emporte sur l’individualisme.»


    Je souligne néanmoins une petite préférence pour Ramzy, jeune candide analphabète, spontané, soucieux des autres, très sensible et limpide dans ses attitudes et sa parole mal articulée, issue en droite ligne du coeur. L'ingénuité incarnée.


    L’atelier a continué en pointant les conditions favorables à l’évolution de relations ultra tendues entre Pierre, Clara et Claude, frères et sœur obligés d’accomplir le pèlerinage de Saint-Jacques s’ils voulaient encaisser l’héritage maternel. La mère défunte a parié sur le lien indéfectible entre ses enfants au bord de la haine corse.


    La contrainte donc et aussi le dépassement de soi et de ses préjugés, l’engagement, un objectif précis, la durée, la dynamique du groupe, la dilution des défenses personnelles dans l’effort physique, la nature splendide le long du parcours et le cheminement spirituel, ces facteurs de changement ont été repérés aisément. Quant à déterminer qui avait le plus évolué, ils avaient «tous» formidablement changé.


    A ce stade de l’atelier, j’ai introduit la notion de géographie intérieure, «savoir de quoi nous sommes faits pour savoir ce que nous pouvons faire avec ce que nous sommes» (Clinique du mal-être, Miguel Benassayag). Se connaître soi-même et affronter un conflit en étant conscient de ses limites, des blocages dans la fratrie. Identifier les a priori sur soi-même et sur les autres.


    Un test en trente-cinq questions (Sortir des conflits, Christophe Carré) a permis d’esquisser le mode de réaction habituel dans une situation conflictuelle, de la fuite à l’affirmation de soi, en passant par la soumission, l’agression ou la manipulation. Ce test était une première et a amorcé un travail en sous-groupe sur l’histoire personnelle de chacun autour de trois questions :


    Quels sont vos besoins ? Quelles conditions favoriseraient une évolution des relations avec votre fratrie ? Seriez-vous prêt à faire le premier pas ?


    Le travail a été rondement mené. Chacune était au clair avec elle-même. « Si le lien existe réellement, faire confiance à une évolution spontanée, en respectant le rythme de chacun, conscientes que l’état de la relation dépend aussi de l’envie de l’autre et pas uniquement de soi.»


    La journée touche à sa fin. Retour devant l’écran pour regarder une séquence du film, quatre minutes de rêves. Une grande feuille blanche sur les genoux pour écrire en vrac ce que les images inspirent. Les scènes oniriques du film avaient beaucoup plu au matin.
    « J’adore cet exercice », clame celle qui n’avait pas trop aimé le test de présence au conflit.


    Quelques mots épinglés au hasard, « lumière », « amour », « aisance », « réconciliation », scellent une belle journée. Une fois encore, le canevas de l’atelier a éclaté, redessiné par les émotions, les questionnements et les récits du moment. Faire avec qui est, s’adapter au groupe tout en tenant un cap, sans être rivé à l’itinéraire conçu.

                                             


    Une fois encore, l’énergie collective (alimentée par un premier atelier commun) a mis en mouvement, a nuancé les points de vue et a carrément modifié la perception d’un film jugé « pas terrible » ou pris comme une farce à la première vision.
    Voir un film ensemble, découvrir les récits personnels du film, ré-élaborer du sens et reconsidérer sa façon d’être au monde, c’est l’ambition raisonnable des ateliers Cinémouvance.


    votre commentaire
  • « On dit que j’ai l’air bête ou que je n’ai rien à dire. J’ai beaucoup de choses à dire, j’ai juste peur de les dire.

     

                                                                        Le monde de Nathan En Belgique le 19 août, en France depuis le 10 juin.


    Nathan est différent et doué. S’il n’était pas un génie des maths, on le trouverait bizarre. Il confond les couleurs, il fuit les contacts corporels, il bloque ses émotions. Le monde l’effraye, Nathan ne se sent en sécurité que dans ses rituels répétitifs et ses équations à inconnues multiples. Les maths, au moins, ça a du sens, ce n’est pas mouvant comme les sentiments.


    Nathan souffre de troubles du spectre autistique. Son père est la seule personne avec laquelle il communique vraiment quand il est enfant. Hélas, il meurt dans un terrible accident de voiture. Son fils est à ses côtés. L’image de son père inanimé hante Nathan. Devenu adolescent, il revit le drame chaque fois que le stress le gagne. Sa mère fait ce qu’elle peut, déroutée par ce garçon si singulier qui la repousse. Nathan méprise cette femme trop ignare pour le comprendre.


    Un professeur de mathématique marginal va fêler la carapace de Nathan.

                Le monde de Nathan : Photo Asa Butterfield

    L’humour et la franchise de Martin séduisent l’adolescent solitaire. Son mentor le persuade de participer aux Olympiades de mathématiques en Chine. Nathan évolue en terrain connu parmi des grosses têtes aussi étranges que lui. Il est chez lui dans une langue étrangère, sur une terre étrangère, différent dans un monde différent.

    Le prodige se sent suffisamment en confiance pour sympathiser avec une jeune chinoise, coéquipière de bachotage. De là à filer le parfait amour ou du moins accéder à une vraie émotion, il y a un pas énorme à franchir : quitter la cérébralité rassurante et plonger dans l’ivresse sentimentale. Une révolution, un grand bond.


    Nathan n’est pas si étrange finalement. Il étouffe une sensibilité à fleur de peau et porte le chagrin d’un père trot tôt disparu. Nous sommes tous autistes à des degrés divers et quand bon nous chante. Sur un plan strictement médical, cette affection caractérisée au milieu du XXème siècle est loin d’avoir livré tous ses secrets. La revue Books lui a consacré un dossier exhaustif qui casse les idées reçues à propos d’un trouble anguille.


    Le monde de Nathan bénéficie du savoir–faire documentaire de Morgan Matthews. Il connaît bien l’univers particulier des Olympiades mathématiques. Il a suivi en images la préparation de l’équipe britannique en 2007.


    « C’était une expérience extraordinaire, dit-il. J’ai rencontré des personnes merveilleuses et j’ai toujours eu l’idée que ce monde fascinant pouvait faire l’objet d’un film.»


    Des interprètes plus vrais que nature contribuent largement à la réussite d’un premier long-métrage de fiction, pudique, émouvant, très précis aussi dans l’approche de lautisme de haut niveau.

     

    Écrire avec la lumière

    Les mots sont impuissants à exprimer la beauté et la force du Sel de la terre vu cet après-midi. L’humanité de Salgado est à la mesure du courage mis à témoigner sur les atrocités et la misère humaines ( Sahel, Rwanda, ex-Yougoslavie, Congo…) et à rebondir ensuite dans un projet optimiste, Genesis, ode à la beauté de la terre telle qu’elle était à ses origines.

     

                Sebastião Salgado (né en 1944), photographié par son fils en plein reportage.

     

    Après avoir arpenté le monde, le photographe engagé revient à ses racines, et ré-enracine deux millions d’arbres sur la terre de ses ancêtres. Il boucle ainsi un cycle d’une cohérence absolue, en paix avec lui-même, les hommes et l’univers. Comment ai-je pu attendre si longtemps avant de découvrir cette merveille, tournée par le fils de Salgado et son grand ami Wim Wenders.


    Prochaines toiles : Mustang, Une famille à louer et probablement La belle saison .


    votre commentaire
  • Je regarde pensivement le paysage à travers la vitre constellée de trainées de pluie.

    Je viens de revoir Every Thing Will Be Fine.

    Besoin impérieux de baisser la vitre, de voir pleinement, de sortir de ma bulle. 

    La deuxième vision permet de porter un oeil appuyé sur l'image. L'histoire et le texte connus, je peux regarder vraiment.

    C'est toujours aussi beau, naturellement beau, que la première fois.

    Ces va et vient de points de vue, à l'extérieur et à l'intérieur des choses, de soi à soi, de soi à l'autre.

     Every Thing Will Be Fine : Photo James Franco, Rachel McAdams

    Une pièce vide vue de l'intérieur, de plus en plus sombre, tachetée de fenêtres de lumières.

    Jeux de miroirs, reflets discrets, glissement de portes vitrées qui ouvrent à la rencontre.

    Ce plan en trois strates dans un café, disant la profonde solitude d'êtres non communicants.

    Et l'émotion, lorsque l'homme sort de sa bulle et risque le geste espéré, sollicité et forcé.

                                                           Every Thing Will Be Fine : Photo James Franco, Rachel McAdams

                                Ce geste que je réprime souvent, que j'ai longtemps et vainement attendu d'un être cher.

                                                        Ouvrir la vitre de la voiture pour chasser la pluie de l'âme.

                                     Percer le mur transparent qui me sépare du contact réel avec mes semblables

     

                                                .

                             Redresser la courbure du bocal où je tourne sans voir la beauté du monde.

    Wenders a un vrai regard de peintre cinéaste, il murmure doucement la singularité de chacun et le besoin vital de chaleur humaine.

    Je retrouve l'ami Wim mardi prochain. Je ne  louperai plus Le sel de la Terre, documenTERRE, biographie filmée du photographe Salgado.


                                                                          

     

     

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique