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    La fillette à l’arrière de la voiture n’aime pas la chanson que ses parents écoutent. Elle change la fréquence, juste par le pouvoir de sa pensée. Maman remet la chanson. L’enfant récidive. Maman s’énerve. La fillette aussi, elle provoque un accident. Jean est une mutante aux pouvoirs sur développés. Elle sera confiée à l’institution qui protège les X-Men.

     

    Le professeur Charles-Xavier pense sauver l’enfant d’elle-même en lui apprenant à enfouir sa colère quand Jean échoue à juguler sa puissance de feu contre ce ou ceux qui la dérangent.

    Devenue grande, Jean lutte contre des pulsions contradictoires. Elle seule doit décider si elle se range du côté du bien ou du mal. Elle cherche un mentor qui aurait l’autorité suffisante  pour lui donner confiance dans sa capacité à faire le bon choix, c’est-à-dire soumettre ses pouvoirs paranormaux à la puissance de son jugement. La puissance de l’esprit contrôle les penchants autodestructeurs. Se sentir capable, c’est asseoir son identité.

                                            X-Men : Dark Phoenix : Photo Sophie Turner

    Jean ignore qui elle est ; elle n’est que douleur, désir et détresse. Vu ainsi, le dernier volet de la saga X-Men vaudrait le déplacement. Après trois quarts d’heure intéressants où la psychologie des profondeurs rythme le récit, il nous faut déchanter. Les amis de Jean deviennent ses ennemis tellement sa différence la perturbe. Nous retombons dans la confrontation habituelle entre les bons et les gentils mutants, entre les mutants et les humains. Ça dézingue à tout berzingue, en plans saccadés défilant à une vitesse supersonique. Dommage et…prévisible. Je ne sais plus si j’ai vu les neuf épisodes (2000-2019), mais j’aurai vu le premier et le dernier, avec une  

     

    préférence pour les tranches avec Wolverline.    X-Men Origins: Wolverine : Photo Gavin Hood, Hugh Jackman

    Le versant psychologique du dernier opus semble néanmoins dérouter les fans. Le bouquet final est loin d'attirer  les foules.

     

     


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         "L'époque était tellement différente, vous n'imaginez pas."

     

                     

    Joan vient d'être arrêtée à quatre-vingts ans. Elle est suspectée d'avoir renseigné les communistes pendant la deuxième guerre mondiale. Les services secrets britanniques ne lâchent jamais le morceau. Nous sommes en 2000. Le fils de Joan découvre les grands secrets de sa mère.Il ne comprend absolument pas pourquoi elle a trahi son pays en donnant la bombe aux Soviets. La Grande-Bretagne a été la dernière dans la course à l'atome.

     " Je n'étais ni communiste, ni pro-Russe. Je voulais simplement éviter le monopole de l'Amérique sur la bombe atomique."

    Hiroshima et Nagasaki conforte son désir d'équité armée.Red Joan est inspiré de faits réels. J'adore quand le cinéma romance l'Histoire. Non seulement, Joan est une idéaliste, elle est aussi une grande amoureuse. Souvent déçue, elle ne croit pas à l'amour de Léo, acquis à Staline.

    - Viens avec moi en Russie. Nous construisons un monde nouveau.

    - Je vois surtout un monde de répression. Comment peux-tu croire cette fable...

    - C'est une question de foi.

                                                    Red Joan : Photo Sophie Cookson

    Joan a toujours eu foi en en elle. Aujourd'hui, la vieille dame tranquille ne renie aucun de ses actes mais elle ne pensait pas devoir rendre des comptes un demi-siècle après. Elle relit sa vie sous le feu roulant de deux enquêteurs à grands coups de flashbacks. C'est passionnant. Le récit commence à Cambridge en 1938, en pleine guerre d'Espagne.Partisans et détracteurs de la République se déchirent dans les meetings. Joan, encore naïve, apprend vite la politique, subjuguée par un beau juif communiste. Elle est aussi une excellente physicienne. Elle est embauchée pour travailler sur la bombe H. Ses amis communistes la supplient de partager cette arme terrifiante. Dilemme.

    J'en viens à me demander quels sont les grands débats actuels. Quelle cause enflamme vraiment les peuples. La mobilisation commence pour le climat. Les réfugiés ont une poignée d'ardents défenseurs. Rien à voir cependant avec l'engagement fervent d'une jeunesse confrontée à l'imminence d'une déflagration mondiale.

    Non, le fils de Joan ne peut pas comprendre. L'avocat défendra-t-il sa traîtresse de mère?

     

                                                 Red Joan : Photo Judi Dench

    Ce cinéma britannique de facture classique réussit à dépoussiérer un temps que nous n'avons pas pu connaître et qui gagne à être connu. Certains  enjeux géopolitiques sont toujours d'actualité. Ceux qui détestent l'Histoire se consoleront avec la vie sentimentale de Joan et ses soupirants.

     

     

     

     

     


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    Comment est-ce Dieu possible, défigurer sa compagne à l’acide, coulée dévastatrice sur le visage, le torse et les bras. Pour Jade, Dieu n’existe plus (Dirty God). Sa vie est réduite aux rejets de sa laideur physique. Sa fille la traite de monstre. Sa mère la tient à distance. Seule une amie la soutient mais elle sort avec son ancien amoureux. Jade observe ce qu’elle ne pourra plus vivre. Alors vite, des palliatifs. L’amour virtuel sur Internet, une clinique miracle au Maroc et un job sous payé dans un centre d’appels pour réunir les 3.400 euros nécessaires à sa reconstruction.

     

                                            Dirty God : Photo Vicky Knight

    Jade erre d’impasse en impasse, va jusqu’à enfiler un niqab, devenu synonyme de libération,  voilant sa mutilation et son désespoir. Sa situation précaire dans un HLM miteux de Londres laisse peu d’espoir à un nouveau départ. Mais Jade s’accroche, dialogue avec sa fillette de deux ans par marionnettes interposées. Elles passent ensemble une nuit de galère. Une ultime désillusion scellera une tranche de vie amère avant d’accepter de composer avec l’inacceptable.

     

    Sacha Polak réussit à dépeindre la misère affective de Jade en évitant le misérabilisme. 

    Elle montre une femme déterminée qui cherche maladroitement les clés d’une survie honorable au sein d’une société obnubilée par l’image et le paraître. La jeune réalisatrice souligne aussi les déviances d’Internet, caisse de résonance des bas instincts et de la perversité.

    Malgré tout, Jade se bat. Même si on est souvent peiné de la voir prendre des illusions pour la réalité, son combat mérite le respect. Je ne regrette pas une soirée normalement consacrée à Rocketman, absent au rendez-vous. Et donc, j’ai vu un film que je m’étais promis de ne pas voir, poussé par mon épouse. L’erreur d’aiguillage valait le détour.  

                                               Dirty God : Photo Vicky Knight

     


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    Une émotion diffuse. Nous chantonnons Hey Jude en fond du générique final de Yesterday.  Quel bonheur d’avoir revisité la discographie fabuleuse d’un groupe inoubliable.Les Beatles ont électrisé les foules, enchanté notre jeunesse durant une courte décennie et pourtant, on les oublie car on ne les entend plus.

    Imaginez un monde sans Beatles, sans coca, sans cigarette, sans Harry Potter. C’est la réalité après une panne d’électricité mondiale de douze secondes. Certaines choses n’ont jamais existé. Une aubaine pour Jack, auteur-interprète qui décline son art devant des publics malingres. S’il continue à y croire (de moins en moins), c’est grâce à Ellie, son amie de toujours.

     « A belle guitare, grande chanson », remercie Jack pour le beau cadeau de sa fidèle compagne. Jack chante Yesterday. Ses amis sont subjugués. Ils n’ont jamais reine entendu d’aussi beau. Et non, ils ne connaissent pas les Beatles. Jack s’empare de leur répertoire et grimpe au firmament des stars, bien aidé par Internet et les réseaux sociaux. Devenu le jouet  d’une grande maison de disques, il sent la situation lui échapper et la gêne le gagner, bénéficiaire d’une gloire usurpée. Mais l’occasion est trop belle de larguer un Suffolk suffoquant, quitte à briser un cœur.         

                                             

                                         Yesterday : Photo Himesh Patel, Lily James         

    Encore faut-il se rappeler des paroles des hits planétaires. Jack se rend à Liverpool pour humer Penny Lane, Strawberry Fields, le cimetière d’Eleanor Rigby, retour aux racines que la nouvelle star est en train de liquéfier dans un flot de fric et faux semblants.

    Danny Boyle signe une comédie pétillante, parfaite pour l’été, l’automne et les saisons à venir. Il redonne du coffre à un groupe méconnu de la génération actuelle. Cinquante ans, c’est une éternité à l’heure de la 5 G. Les Fab Four font partie du patrimoine rock de l’humanité. Leurs mélodies sont bien logées dans nos cœurs. Dès les premiers accords, les airs d’alors (les chansons sont interprétées en live) ont résonné avec une force incroyable. Souvenirs, souvenirs.

    Les acteurs sont au diapason, avec un dièse d’honneur à  Lily James, d’une fraîcheur inouïe dans son rôle d’amoureuse inconditionnelle. Love is all you need !

     

                                                 Yesterday : Photo Himesh Patel, Lily James

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                                                 

     


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    J'aurais préféré que Bertrand Bonello tourne un documentaire sur le vaudou haïtien plutôt que d'essayer de mêler deux histoires parallèles se déroulant à deux époques différentes.

    Zombi Child : Affiche

    Zombi Child juxtapose deux récits avec trop peu de points de jonctions. Une époque place une zombification dans les années soixante tandis que le présent suit cinq filles "soeurs" littéraires dans le pensionnat élitiste des enfants de la Légion d'honneur. On y prône les valeurs du mérite, du goût de l'effort, de l'émulation et de l'honneur. Un monde fermé avec ses codes et ses rituels.  

     

                                                 Zombi Child : Photo Louise Labeque, Wislanda Louimat

     

    Le vaudou a les siens également, décrits dans des séquences quasiment anthropologiques. C'est très intéressant et fascinant à certains égards mais le spectateur se demande continuellement quand les deux époques vont s'entremêler. Le seul pont possible est Mélissa, la petite-fille d'un zombi, une des cinq sœurs, admise dans la sororité malgré son comportement chelou. La fille du réalisateur a aidé son père pour les dialogues entre adolescentes. Il y a des "p..., "cool", "tu rêves", "trop bien" à la pelle et des smartphones chauffés à blanc.

    Au passage, deux professeurs transmettent deux messages. L'historien Patrick Boucheron donne une leçon magistrale sur les deux libéralismes du 19ième siècle et dénonce le colonialisme.

    Une professeur de lettres parle de la description qui " déborde sur la structure narrative". Le film de Bonello illustre bien ce propos. Le vaudou est très bien décrit, du coup il noie une intrigue déjà faible.

    À souligner : l'apparition du moteur français de recherche Qwant au lieu de l'omnivore G., en gros plan lorsqu'une des filles consulte Internet sur le vaudou.

    Bref, ma rentrée cinéma est ratée. 

                                                Zombi Child : Photo Louise Labeque

     

     

     


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